Le président de Coop de France déshydratation a rappelé que l’Union européenne importe 60 % de ses protéines végétales. Alors que la Chine augmente sa consommation de protéines, « il y a un réel risque de rupture de la chaîne d’approvisionnement ».

C’est dans ce contexte que Coop de France sollicite donc la future Pac pour multiplier et moderniser ses sites de déshydratation qui demandent un investissement très lourd. De nombreux projets ont malheureusement été abandonnés dans l’Union européenne et en France, et certains sites de production ont dû être fermés au cours des dernières années.

Rémunération de la valeur environnementale de la luzerne

Le président de Coop de France déshydratation a évoqué les qualités environnementales de la culture de luzerne en termes de qualité de l’eau, biodiversité et réduction de l’utilisation de la chimie. Il a interpellé les dirigeants européens sur la rémunération de ce service. « La valeur environnementale de la luzerne ne fait plus débat, mais la question est de savoir si les services écologiques qu’elle rend sont gratuits ou rémunérés ». Il appelle donc à la prise en compte de cet aspect dans l’attribution des aides de la nouvelle Pac.

Enfin, il a évoqué l’importance de la recherche agronomique et zootechnique pour le développement de cette culture et demande à la nouvelle Pac de le prendre en compte. La luzerne étant une culture qui n’a que très peu recours à la chimie, elle n’attire pas naturellement les fonds de recherche.

L’union fait la force

Tomas Garcia Azcarate, ancien administrateur de la Commission européenne et spécialiste de la Pac, a lui aussi livré son analyse des enjeux et des défis de la nouvelle révision de la Pac. Il a appelé la Coop de France déshydratation à consolider les alliances avec ses partenaires européens producteurs de luzerne ou plus généralement de protéines. Il encourage les congressistes à œuvrer pour la reconnaissance de la qualité de la production de luzerne, car c’est sur la qualité que la France est réellement compétitive dans le monde.

Structuration de la filière

Enfin, Tomas Garcia Azcarate a attiré l’attention sur une évolution positive de la nouvelle Pac : la retenue nationale des aides couplées. L’État aura à l’avenir la possibilité de retenir 3 % du montant total des aides couplées pour les redistribuer directement à certaines organisations de producteurs pour structurer une filière. Pour le spécialiste de la Pac, cette modalité de subvention présente plus d’efficacité que celle versée directement au producteur, particulièrement pour les filières en cours de restructuration. Il milite d’ailleurs pour que cette retenue possible soit de 13 % du montant des aides couplées. Mais faudra-il encore que la filière de déshydratation de luzerne obtienne une partie de ces 3 %. Le combat reste à mener.

R.H.