1. Une prédation hors de contrôle malgré une protection des troupeaux généralisée.

  • En 2016, les pertes ont augmenté de 9 % et représentent 9 959 animaux. 60 % sont recensées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 31 % en Auvergne-Rhône-Alpes, 5 % dans le Grand Est et 4 % en Occitanie. 93 % des victimes proviennent d’attaques sur des troupeaux protégés.

2. L’audace croissante des loups dévalue les moyens de protection.

  • 50,2 % des attaques ont eu lieu le jour en 2015, contre seulement 29 % en 2010.
  • Les attaques sont plus fréquentes dans les prés, à proximité des maisons.
  • Le changement de comportement des ongulés sauvages (plus vigilants, plus furtifs) reporte la prédation sur le bétail, y compris sur les bovins.
  • Les rencontres sont plus fréquentes et plus proches avec des humains.

3. Prélever des loups pour faire baisser les attaques.

  • Le constat dans les Alpes-Maritimes : 12 loups ont été prélevés et la prédation a baissé de 15 % en 2016 par rapport à 2015 ;
  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence : 4 loups ont été prélevés en 2016 et la prédation a baissé de 18 % de prédation ;
  • La prédation reste en hausse avec des prélèvements encore insuffisants dans le Var, la Savoie, la Drôme.

4. Les loups d’origine italienne sont largement hybridés, quelle valeur de la biodiversité ?

  • De 10 à 40 % des loups italiens hybridés avec des chiens errants depuis des années 1960-1970.
  • Un plan d’abattage de loups en œuvre en Italie en raison de l’hybridation ancienne et avérée.
  • En France officiellement, pas d’hybridation des loups venus d’Italie… Quid des analyses réalisées ?

5. Un dossier qui dérape partout en Europe.

  • L’élevage ovin est en voie de disparition dans les Abruzzes (les effectifs ont chuté de 60 % en 22 ans).
  • La prédation explose dans la province espagnole des Asturies. Les éleveurs se révoltent.
  • L’Allemagne abat deux loups en 2016 pour raison de sécurité publique et fait face à la fronde des éleveurs.
  • En Suisse, les éleveurs se regroupent dans une association suisse sans grands prédateurs.
  • La Norvège considère la protection des troupeaux impraticable et plafonne à 3 le nombre de meutes.

6. Chiens de protection : la solution devient le problème.

  • Patous sans expérience des loups dans les Pyrénées : déperdition génétique, perte de savoir-faire, les éleveurs alpins ont essuyé les plâtres.
  • Le chien de protection n’est pas attaché au berger, mais au troupeau : il ne doit pas être « sous contrôle ».
  • La recherche d’un chien « méchant » face aux loups et « gentil » face aux promeneurs, parfois inopérante.
  • Multiplication des chiens (plus de 3 000 dans les Alpes), recours à de nouvelles races (Abruzzes, Anatolie).
  • Des problèmes croissants sont constatés sur la faune sauvage.
  • Tensions croissantes avec les randonneurs, les élus locaux.
  • Responsabilité juridique des éleveurs et des détenteurs de chiens (les bergers).

7. Protéger le troupeau sur les pâturages de l’exploitation, une impasse technique.

  • La protection est conçue pour le gros troupeau collectif regroupé en estive avec d’importants moyens.
  • Il n’existe pas de schéma technique conçu pour protéger le troupeau de l’éleveur local divisé en plusieurs lots à effectif réduit, au pâturage dans les parcs sans présence humaine.
  • La question se pose partout en France.

8. Le prélèvement des loups selon le principe dérogatoire organise l’échec.

  • L’article 16 de la directive habitats (article 9 de la convention de Berne) peut déroger à la protection stricte des loups à condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante, c’est-à-dire une fois que tout a été essayé et que tout a échoué.
  • Il faut inverser la charge de la preuve et engager la régulation des loups en même temps que la protection des troupeaux pour espérer conserver l’efficacité de cette dernière.
  • Mais les loups sont désormais « sans gêne »… Le taux de prélèvement devra être beaucoup plus important que si les tirs avaient été engagés dès l’arrivée des loups.
  • D’autant plus que les zones de cœur de parcs nationaux et les réserves nationales sont des sanctuaires où la situation est de plus en plus ingérable pour les éleveurs.
  • La priorité est de réinstaurer la crainte de l’homme aux loups.

9. La réponse à la faillite de la « cohabitation » : un harcèlement croissant des éleveurs ?

  • Dans le cadre des lignes directrices agricoles de la Commission européenne, l’indemnisation des pertes serait désormais conditionnée à un contrôle des moyens de protection attaque par attaque.
  • L’Italie veut interdire le pâturage en forêt en raison d’une prédation trop importante (Piano di conservazione e gestione del lupo in Italia, gennaio 2017).

10. Mettre en cause la politique européenne de protection de l’espèce

  • Un dossier juridiquement verrouillé : déclasser le loup de l’annexe 4 à l’annexe 5 de la directive habitats se fait à l’unanimité des 28 pays membres de l’UE à l’initiative de la seule Commission, après avoir obtenu le déclassement de l’annexe 2 à l’annexe 3 de la convention de Berne à la majorité des deux tiers des cinquante pays signataires.

• Mais sur la base des chiffres officiels, le dossier coûte 100 000 € par loup et par an et n’est pas généralisable partout en France ;

• Mais l’avenir de l’élevage de plein air n’est assuré nulle part en Europe en présence de meutes de loups.

  • Rompre avec la politique européenne du loup, une question politique face au verrou juridique.
  • Quel avenir pour nos territoires ruraux ? interroge le Cerpam.