« Les éleveurs des Hautes-Alpes sont dans une situation de grande déprime à cause des attaques de loups, souligne Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Le département concentre une centaine de loups à lui seul pour 14 à 16 meutes. »

Du 26 au 28 août, 200 agriculteurs ont bloqué l’entrée de la préfecture à Gap, avant de lever le camp, sans avoir obtenu gain de cause. Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, ne revient pas sur la règle. « Il ne sera pas possible de tirer sur des loups dans la zone de cœur de parc, même pour les effaroucher, indique Christiane Lambert, qui a rencontré mercredi soir à Paris la ministre. En revanche, Elisabeth Borne m’a promis qu’elle se rendrait dans les Hautes-Alpes, sur les lieux du dérochement, sans préciser la date, car son agenda est chargé. »

Mobilisation de la brigade loups

Effaroucher le prédateur sans fusil, c’est le défi que les éleveurs qui exploitent en cœur de parc des Écrins devront continuer de relever. Des moyens humains supplémentaires, aides bergers, lieutenants de louveterie et la brigade loups de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) sont prévus.

Le préfet coordonnateur du plan loup a d’ailleurs indiqué le jeudi 29 août que les tirs d’effarouchement seraient menés tour autour du parc national des Écrins pendant quinze jours. La brigade loups, composée de treize membres, était attendue pour procéder à ces tirs. « C’est la première fois qu’une telle mobilisation de la brigade est engagée dans un même département », a indiqué Pascal Maihos, le préfet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, coordonnateur du plan loup.

L’exception du parc national des Cévennes

Le parc national des Cévennes fait exception. La réglementation ne semble pas être la même que dans les Écrins, car les éleveurs qui en ont fait la demande peuvent exercer un droit de tir de défense simple, y compris dans la zone cœur du parc national. Un constat qui risque de faire des envieux dans les Alpes-Maritimes où les éleveurs pâturent dans le parc national du Mercantour. La FDSEA et la FDO ont indiqué qu’elles partageaient les revendications portées par les éleveurs des Hautes-Alpes « qui se mobilisent pour défendre la survie de l’élevage et du pastoralisme ».

Pour les élus de l’Usapr, l’État doit donner de « vraies réponses à la détresse des éleveurs ». Selon eux, la réponse « ne peut plus se cantonner au refus dogmatique d’intervention sur les populations de prédateurs présents au cœur des parcs nationaux ».

M.-F. M.

(1) Fédération départementale ovine.