« Il n’y a rien à faire pour que l’on puisse tirer dans le Parc national des Écrins », a rapporté René Laurens, le président de la FDSEA des Hautes-Alpes, devant environ 200 agriculteurs mobilisés, en rendant compte d’une réunion entre la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, et la ministre de la Transition écologique ce 28 août 2019 à Paris.

La ministre de la Transition écologique attendue sur place

La brigade loups de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage est, quant à elle, attendue jeudi pour procéder à de potentiels tirs aux abords du parc. Selon René Laurens, la ministre Élisabeth Borne « a annoncé qu’elle viendrait dans les Hautes-Alpes le plus rapidement possible, mais son agenda est chargé ».

Après ces annonces, la tension est montée d’un cran. Finalement, les manifestants qui campaient devant la préfecture depuis mardi, ont levé le camp vers 23 heures. La colère des éleveurs fait suite à la découverte la semaine dernière de 97 brebis mortes à Villar-Loubière (Hautes-Alpes) après un dérochement en raison d’une attaque de loup, selon les agents du parc.

Didier Guillaume souhaite un décret

Interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur CNews ce matin, le 29 août 2019, Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, a assuré que, « entre l’éleveur et le prédateur, je choisis toujours l’éleveur. Toujours. Mais je suis pour la biodiversité. » Il a aussi rappelé que le plan loup prévoyait le prélèvement jusqu’à 17 % de la population de loups.

Didier Guillaume souhaite que le Premier ministre prenne un arrêté d’effarouchement du loup dans le par national des Écrins. © CNews

« Ce n’est plus une espèce en voie de dépeuplement, poursuit le ministre. Il faut prélever des loups. Nous en prélevons. Quand on voit trente ou quarante brebis qui sont dérochées, ce n’est plus possible. Sauf que là c’est dans un parc naturel. Et dans un parc naturel, on ne peut pas tirer. C’est la loi. »

Quelle solution propose le ministre ? « Je souhaiterais que nous puissions prendre un décret. Ça ne peut être pris que par le Premier ministre ou la ministre de la Transition écologique, pour que l’on puisse avoir la possibilité, non pas de tuer, mais d’effaroucher. Que l’éleveur qui a le permis de chasse puisse défendre son troupeau. »

AFP