Les agriculteurs et les industriels s'allient pour réclamer une révision du projet de loi de modernisation de l'économie, concernant les relations industrie-distribution. Par une pétition envoyée au président de la République et aux parlementaires, ils veulent faire pression pour obtenir un amendement du projet de loi.

Principal point qui fâche: les distributeurs n'auraient pas à justifier de contreparties réelles et vérifiables pour les avantages tarifaires accordés par les fournisseurs.

Le projet de loi, qui sera examiné lundi prochain en Conseil des ministres, ne reprend pas les points clés du consensus trouvé avec la distribution.

Agriculteurs et industriels demandent un amendement au projet de loi obligeant les distributeurs à justifier sur une facture les avantages tarifaires qu'ils réclament aux industriels en contrepartie de différents services (catalogues publicitaires, «têtes de gondole» dans les magasins).

«Ce texte donne les clés de nos entreprises à la grande distribution déjà toute puissante», s'est exclamé Jean-René Buisson, le président de l'Ania (industrie agroalimentaire) en prévoyant une «asphyxie » et «la faillite d'un nombre important de PME».

«Nous avons accepté la discrimination des tarifs, maintenant nous demandons de la transparence» a insisté Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, précisant que les contreparties (services, plan marketing) aux avantages financiers doivent être clairement mentionnées sur une facture.

Les organisations agricoles et industrielles font «front uni». Il s'agit de l'Ania (industrie agroalimentaire), la FNSEA, Coop de France, la CGGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France) et la CGI (Confédération française du commerce interentreprises), appuyé de l'ILEC (Institut de liaisons et d'études des industries de consommation).

Les organisations se sont dites prêtes à manifester devant l'Assemblée nationale, au cours de la deuxième quinzaine de mai, avant l'examen du projet de loi par le Parlement si leur revendication n'aboutissait pas à un amendement, «de préférence d'origine gouvernementale».

De son côté, Jérôme Bédier, le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), considère que le «texte du projet de loi est bien écrit». Il juge que le texte ne doit pas détailler «ligne par ligne» les «contreparties» proposées par les distributeurs en échange de la liberté qu'ils ont obtenu de négocier les tarifs avec leurs fournisseurs.

Téléchargez laPétition signée par les organisations agricoles et les industriels (472.73 Ko) .

Légende la photo: De gauche à droite : Noelle Bellon (FEEF), Dominique de Ggramont (délégué général de l'ILEC), Philippe Mangin (président de Coop de France), Fanny Favorel-Pige (CGPME), Jean-Michel Lemétayer (président de la FNSEA), Jean-rené Buisson (président de l'ANIA), Caché : Bernard Manhes (président de la CGI).

S.B.