Dustin Aaron Moskovitz est l’un des plus jeunes milliardaires du monde. Peu après avoir quitté Facebook en 2008, il décide, avec sa compagne, de lancer sa propre fondation, dans l’espoir, d’après le site d’Open Philantropy, « de donner l’ensemble de sa fortune de son vivant pour aider l’humanité à prospérer ».

C’est avec cette idée qu’Open Philanthropy accorde alors, en novembre 2017, un don de 1,14 million d’euros à L214, dans le cadre de ses actions sur le bien-être animal. Mais ce don s’inscrit dans un projet bien plus large.

Action et formation

D’après l’article du site de la fondation, le financement de l’association française est justifié par plusieurs actions, dont « une campagne pour défendre une consommation réduite de poulets de chair », ainsi qu’une autre campagne « pour développer de meilleurs standards d’élevage ».

Capture d’écran sur le site d’Open Philanthropy. © GFA

Dernier objectif, un « nouveau campus permettant de développer les compétences en informatique, en formation, et en levée de fonds ». Le don, ajoute la fondation, doit être utilisé sous deux ans.

Le rapport du commissaire aux comptes a été exhumé par le site no-vegan.com avant d’être relayé sur les réseaux sociaux. Mais il est bien disponible sur le site du Journal officiel de la direction de l’information légale et administrative du Premier ministre, et reprend très exactement les points soulevés par Open Philanthropy.

Un petit million dans un océan

Sur le site de la fondation, l’article concernant L214 a été publié sous la rubrique « Politiques américaines ». La cause « bien-être animal » est, dans ces pages, le deuxième point d’intérêt présenté, car, précise le site, « des millions d’animaux sont traités cruellement dans les fermes chaque année ».

Dans la mesure où Open Philantropy publie l’ensemble des dons accordés, il nous a été possible d’observer, que, pour la seule année 2017 pendant laquelle L214 a reçu son don, près de 312 millions de dollars ont été dépensés au titre du bien-être animal en tout par la fondation.

États-Unis, Canada, Chine, Inde, Norvège, Royaume-Uni, France, en Europe, en Asie, en Amérique, ou dans le monde, la fondation soutient ainsi des actions dans tous les pays et à toutes les échelles, et la volaille semble faire partie de ses sujets de prédilection. Parmi la liste des programmes soutenus figurent par exemple une étude sur les poulets de chair pour 500 000 $ à Guelph (Canada), ou 2 millions de dollars pour The Humane League afin de développer des campagnes contre l’élevage en batterie en Europe.

Loin de se cantonner aux politiques américaines, Open Philantropy semble donc mener une action mondiale sur le sujet du bien-être animal, faisant de L214 un relais local pour des ambitions plus larges.

Ivan Logvenoff