« Un accord avec les pays du Mercosur [NDLR : Argentine, Brésil, Venezuela, Paraguay, Uruguay] pourrait être conclu dans les prochains mois. » Ces quelques mots, prononcés le 22 mai 2019 par la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Mamström, sont tombés comme un couperet pour la filière agricole européenne.

« 150 produits phyto brésiliens »

L’agriculture est en effet au cœur des négociations qui ont débuté à la fin des années 1990. « Un accord avec le Mercosur placerait les agriculteurs et citoyens européens dans une impasse », fustige le Copa et le Cogeca, les deux organismes représentants la filière agricole à l’échelle européenne.

« Comment la Commission européenne peut-elle justifier auprès des agriculteurs d’ouvrir ses portes aux produits brésiliens, alors que le gouvernement de Jair Bolsonaro a autorisé il y a quelques mois plus de 150 produits phytosanitaires, que la Commission interdit d’utiliser sur le sol européen ? »

Bœuf, volailles, sucre…

Le Copa-Cogeca rappelle que la filière agricole européenne est déjà sous tension. Des importations massives de bœuf, de sucre, de volailles et d’éthanol « rendraient plus difficile la survie des agriculteurs ». La filière bovine française a s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet mercredi dernier.

Déforestation

Pekka Pesonen, le secrétaire général des deux organisations, rappelle que les « producteurs européens peuvent adapter leurs pratiques pour répondre au respect de l’environnement et au défi du changement climatique, à la condition que l’Union européenne ne nuise pas à leurs efforts en autorisant l’importation de produits provenant de pays encourageant la déforestation et des pratiques agronomiques interdites » sur le Vieux Continent.

Qualité sanitaire et standards européens

Au niveau national, Didier Guillaume a annoncé le 23 mai que « la France ne ratifierait aucun accord qui nuirait aux intérêts des agriculteurs et consommateurs français, aux exigences de qualité sanitaire et alimentaire des standards européens, et aux engagements environnementaux de l’accord de Paris ».

B. Quantinet