« Il est des causes qui rassemblent, bien au-delà de certaines divergences de points de vue : les luttes contre le dérèglement climatique et pour la préservation de la diversité biologique, pour l’emploi, la préservation de la démocratie, la protection de la santé des citoyens et de notre agriculture, en particulier la survie d’un modèle d’élevage familial et herbager, en France, en font partie. »

La défense de l’élevage familial

C’est ainsi que ces 72 organisations commencent leur lettre adressée ce 2 juillet 2019 aux députés et sénateurs, et diffusée à la presse. Leur objectif : convaincre les élus de voter contre la ratification du Ceta qui doit prochainement leur être soumis. Parmi les signataires, la FNB et Interbev se retrouvent au côté de défenseurs de l’environnement et des droits humains, d’associations de consommateurs et de syndicats de travailleurs.

Parmi les risques qu’ils attribuent aux Ceta, les signataires soulignent son « caractère climaticide », ainsi que des risques sur le plan économique, social, démocratique et écologique. Ou encore « le risque d’une influence accrue des lobbys dans le processus de décision publique » et « d’utilisation des tribunaux d’arbitrage entre investisseurs et États pour contester les mesures qui ne leur conviendraient pas ».

« Des normes inférieures aux standards européens »

Sur le terrain agricole, les 72 associations se demandent « comment justifier […] la ratification d’un accord qui facilite l’entrée sur le marché européen de produits qui ont été élaborés selon des normes inférieures aux standards européens, telle que la viande bovine nourrie aux farines animales et aux antibiotiques utilisés comme activateurs de croissance ou des denrées alimentaires produites avec des pesticides interdits dans l’Union européenne ? »

Et à ceux qui leur opposeraient que le Canada n’a pas inondé le marché européen de viande bovine, les signataires répondent : « du fait d’un temps nécessaire à l’adaptation des élevages canadiens pour l’exportation vers l’Union européenne, ces importations de viandes bovines n’ont pas encore démarré. Mais le Canada saura, très vite, remplir ce contingent important qu’il a si durement négocié, au détriment d’autres secteurs qu’il jugeait moins « stratégiques » ! »

Un exemple pour les futurs accords

Cette lettre est envoyée quelques jours après l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. « L’examen du Ceta représente bien plus qu’une simple ratification, insistent les 72 organisations. Il est le premier, mais aussi le dernier accord de commerce de nouvelle génération, sur lequel vous aurez à vous prononcer dans la mesure où l’Union européenne organise désormais ces traités de façon à pouvoir adopter leur volet commercial uniquement à l’échelon européen. »

E.R.