Dans une lettre ouverte du 9 octobre 2012 à Marine Le Pen, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale (CR), tient à clarifier le positionnement de son syndicat vis-à-vis du Front national et de la société civile.

En cette période de campagne électorale pour les chambres d'agriculture, le président de la CR ne laisse pas passer sans broncher un article publié sur « LeMonde.fr » à la suite de la visite de la présidente du Front national au Sommet de l'élevage à Cournon, dans lequel elle a jugé « que la Coordination rurale aurait les positions les plus intéressantes en matière agricole ».

C'est ainsi qu'il rappelle l'indépendance de son syndicat vis-à-vis des autres organisations et cela « dès sa naissance ». Il nie tout lien de la Coordination rurale avec des partis politiques ou de puissantes organisations économiques impliquées dans les différents secteurs (banque, assurance, agroalimentaire, semences communication, etc.).

« Cette indépendance nous a permis de nous appuyer sur des propositions authentiques, essentiellement étayées par le bon sens et l'intérêt général de la société civile et nous avons ainsi gagné la confiance d'un nombre de plus en plus grand d'agriculteurs », souligne Bernard Lannes.

Afin de « poursuivre sa tâche », le syndicaliste demande à Marine Le Pen « de ne plus tenter d'associer notre syndicat à votre parti politique, dont nous respectons l'existence et la légitimité comme pour l'ensemble des partis politiques français avec qui nous entretenons d'ailleurs des relations ponctuelles ».

Il rappelle notamment à celle qui prône une politique agricole nationale que « le marché agricole est européen » et que « c'est bien une politique agricole commune qui doit régir et unir l'ensemble des agriculteurs européens ». « Depuis sa naissance, notre syndicat n'a jamais cessé d'agir pour une Pac qui respecte ses principes fondateurs (définis par les traités de Rome puis de Lisbonne), et de dénoncer ses dérives qui l'en ont éloignée depuis son aliénation au Gatt puis à l'OMC », insiste-t-il.

Répondant, dans un communiqué du 9 octobre, à la lettre ouverte de Bernard Lannes, Marine Le Pen lui écrit notamment que « l'idée que nous pourrions tenter de vous associer à notre parti politique vous appartient. Libre à vous d'en faire part, elle ne nous a, quant à nous, jamais effleurés et serait de toute manière contraire, je le rappelle, aux engagements que je défends ».

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A.De.