Las ! Les industriels de l’agroalimentaire en ont marre de passer pour le maillon « éloigné, cupide et nuisible » de la chaîne. « C’est ainsi que sont vus les gros. De façon générale, ils sont toujours suspects », analyse Jean-Daniel Lévy, président du département de la politique et de l’opinion à l’institut Harris interactive.

Perte de 350 millions d’euros pour Lactalis

Conviés, le 26 novembre 2019, à Paris, par le groupe de travail et de recherche sur la santé et l’environnement, Oui à l’innovation !, quatre experts se sont exprimés sur les raisons de la méfiance des Français et des médias à l’égard des acteurs de l’alimentation. Et pour tous, c’est d’abord un problème de taille.

« Les Français ont une propension naturelle à aimer “le petit”, explique Richard Girardot, président de l’Ania. Il faut quand même raison garder ».

La gaufrette gagnante

Et si Jean-Daniel Lévy relativise, en invoquant la possibilité aussi de défaut de communication, Eddy Fougier, politologue, retient aussi la thèse « du gros, c’est trop ». Il note que 18 articles, publiés depuis 2015, mentionnent le « foodbashing » et plus de 1 000, « l’agribashing ». « Ça passe mieux. Pourquoi ? Parce que le foodbashing est une plainte de groupe, et l’agribashing, c’est une plainte de “petit” entre guillemets. »

Le consommateur se plaint avant tout « d’infobésité », souligne, de son côté, Alexis Roux, de Bézieux, président de la Fédération des épiciers de France. Et à l’arrivée, surtout, il fait ce qu’il veut : interrogés sur le produit le plus vendu de l’année, les experts désignent une gaufrette fourrée au Nutella de la marque éponyme, ayant bénéficié d’une communication hors norme, mais sûrement pas de l’appui des médias.

Rosanne Aries