Le blé français serait-il en passe de faire son retour sur la scène mondiale? Bruno Hot, directeur de l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (OniGC) voulait le croire, à l'issue du comité spécialisé en céréales du 17 octobre.

«Les prix marquent un léger tassement, mais le plus important est qu'avec cette baisse, nous sommes revenus dans une zone de compétitivité qui nous permet d'envisager une légère remontée de nos exportations sur pays tiers», a-t-il souligné. Le bilan du blé tendre publié par l'Office réserve désormais 4,7 millions de tonnes (Mt) de la céréale française pour l'exportation hors Union européenne, contre 4,5 Mt le mois dernier.

Malgré des estimations de production qui continuent à rogner les chiffres de la récolte mondiale de blé, le cours du blé a reculé au cours des dernières semaines, mais plus fortement en Europe qu'ailleurs, d'où ce regain de compétitivité.

Avec ce repli, l'écart entre le blé français et le blé américain n'est plus que d'une vingtaine de dollars, après s'être hissé à presque 90 $/t au début de septembre. Ainsi, «même si le dollar nous paralyse toujours, les prix Caf (intégrant l'assurance et le fret) français sont moindres que les prix américains en raison du coût du fret qui explose», a analysé Bruno Hot.

Maintenant que les cours français sont redescendus de leurs hauts plateaux qui culminaient à 300 €/t pour rejoindre 250 €/t, les rives méditerranéennes semblent moins inaccessibles pour notre blé. «On était complètement hors jeu depuis le 15 août, et l'activité à Rouen a fortement chuté, mais il y a eu des propositions d'opérateurs français pour le dernier appel d'offres de l'Egypte, alors qu'il n'y avait plus jusque-là que des offres américaines, kazakhes ou russes», rapporte le directeur de l'OniGC.

Selon le responsable de l'Office, l'origine française pourrait même être «très présente» dans le résultat de l'appel d'offres de 500.000 tonnes lancé par le Maroc.

G.O.