Terra Lacta appelle les transformateurs à limiter les fabrications de lait UHT, sous peine d'une « catastrophe » pour l'ensemble de la filière.

La coopérative picto-charentaise Terra Lacta tire la sonnette d'alarme, dans une lettre ouverte, envoyée le 20 juin 2012 aux transformateurs et distributeurs de lait UHT. Alors que la production laitière est « très abondante », certaines entreprises « utilisent le lait UHT comme un moyen de report au même titre que les produits industriels et les importations d'Allemagne », souligne Alain Lebret, président de la coopérative. Conséquence, une abondance de lait de consommation, dont les cours sont « en chute libre ».  

« Au niveau actuel de la valorisation de la matière grasse, les cours du lait UHT prévus dans les semaines qui viennent permettront de payer le lait aux producteurs sur la base de 250 €/t, poursuit-il. C'est un véritable scandale. [...] Aucun d'eux ne pourra supporter cette nouvelle crise, d'autant que leurs coûts de production [...] dépassent allègrement les 300 €/t. »

Alain Lebret appelle donc les entreprises à limiter les fabrications de lait UHT. Ces dernières « ont augmenté de 11 % depuis le début de l'année alors que le marché a diminué de 1 % », souligne-t-il. Il demande aussi à la grande distribution, qui « profite de la situation » même si elle n'en est pas à l'origine, « d'accepter une revalorisation du lait sur la base des prix de début d'année ». « La grande distribution qui, à grands coups de publicité, n'hésite pas à proclamer son soutien aux producteurs, a l'occasion de montrer sa bonne foi et l'impact pour les consommateurs sera quasiment nul », ajoute-t-il.

Appelant à « faire preuve de responsabilité », Alain Lebret estime que, si rien n'est fait, « nous sommes à la veille d'une catastrophe » qui, au-delà du lait UHT, « se propagera à l'ensemble de la filière ».

E.C.