Le conseil agricole de juin sera consacré à un rapport sur le secteur laitier. « Je m'étais engagé quand le paquet lait a été adopté en décembre 2012 à produire un rapport à la mi-2014, sur comment l'enrichir et l'améliorer », a rappelé Dacian Ciolos en marge du conseil informel des ministres de l'Agriculture à Athènes le 6 mai 2014.

Ce rapport ne comportera pas de nouvelles propositions législatives, compte tenu des divisions profondes qui existent entre les Etats membres sur ce sujet. La Commission ne veut pas passer en force, a assuré Dacian Ciolos. « Cela pourra aider si la nouvelle commission agricole du Parlement européen formule un avis », a-t-il expliqué. L'idée, alors que le marché est positif, est de voir s'il est possible de développer de nouveaux outils.

« Soyons clair, il n'est pas question de gérer des quantités, mais par exemple de voir comment utiliser le nouvel observatoire du marché laitier pour anticiper les problèmes. Comment donner les informations aux producteurs pour faciliter leurs prises de décisions, les aider à négocier les contrats et préparer les Etats membres aux crises. Par exemple, encourager ceux qui veulent produire plus à le faire en fonction des besoins du marché », a détaillé le commissaire européen.

Les outils de gestion des crise existent. Pour Dacian Ciolos, ils sont satisfaisants. C'est pourquoi il a insisté surtout sur la mise en place de procédures d'anticipation. « Rassurez vous, je n'ai pas d'agenda caché, mais je pense qu'il faut avoir cette discussion tant que le marché est positif, plutôt que d'attendre les problèmes et que ce soit la faute de la Commission... car la volatilité est bien réelle. »

Ce sera le travail du prochain Parlement européen, renouvelé à la fin de mai, et de la prochaine Commission, renouvelée à la fin de 2014 ou au début de 2015. Ce sera l'affaire d'un autre commissaire... ou pas. Car Dacian Ciolos ne cache pas son ambition pour un second mandat.

Dans le cadre de l'accord bilatéral avec le Canada, le commissaire a indiqué que l'UE essayait d'augmenter l'importation de ses fromages en Amérique du Nord, en particulier ceux sous signe de qualité. Mais c'est encore un peu tôt pour voir ce qu'il en sera. Pour l'agriculture, l'un des principaux enjeux de ces négociations bilatérales, est de faire reconnaître nos indications géographiques. « Il n'y aura pas d'ouverture de notre côté tant que les Etats-Unis ne viendront pas avec une approche plus sérieuse », a déclaré Dacian Ciolos.

Arielle Delest