L'EMB (European Milk Board) a appelé mercredi la Commission à autoriser les producteurs laitiers à opérer un regroupement suffisamment fort au sein d'organisations paysannes indépendantes, et à créer un observatoire du marché du lait, lors d'une manifestation à Bruxelles devant le Parlement.

Selon un communiqué de l'organisation à l'issue du rassemblement des producteurs des différentes délégations européennes mercredi matin, ces deux revendications constituent « le fondement d'une agriculture pérenne telle que la conçoivent les consommateurs ».

Pour l'organisation européenne des producteurs de lait, les propositions législatives de la Commission relatives au marché du lait, sur lesquelles devra se prononcer les 24 et 25 mai la commission agricole du Parlement européen, présentent « de criantes faiblesses ». Ce projet « échouera également à concrétiser le souhait du Parlement de renforcer la position des producteurs sur le marché du lait », estiment les producteurs de l'EMB.

Pour la vice-présidente de l'EMB, Sieta van Keimpema , les feux allumés sur le parvis du Parlement symbolisent les « crises qui se répéteront sur le marché du lait si les éleveurs laitiers ne peuvent bénéficier, dans un cadre juridique établi, de la possibilité de se regrouper afin d'exercer une influence sur le marché et de garantir un juste prix ».

L'EMB aspire à ce que « le regroupement ne soit nullement entravé au niveau national et puisse représenter, au niveau communautaire, jusqu'à 30 % des producteurs ».

Un membre français du comité directeur de l'EMB, Willem Smeenk, précise que les producteurs devront pouvoir se rassembler au sein d'organisations indépendantes, peu importe que « ces dernières livrent leur lait à une laiterie privée ou à une coopérative laitière ». L'EMB déplore que le projet législatif de la Commission « ne prévoit à ce jour rien de tel ».

Elle regrette aussi que le projet « prohibe » la « double appartenance » à une coopérative et à une association de producteurs.

Pour le président de l'EMB, Romuald Schaber, « les éleveurs laitiers doivent avoir la possibilité, par la voie de leurs propres organisations représentatives, de fixer les règles de vente et les prix de base ». Un observatoire sur les volumes, « par le biais d'un suivi et d'indicateurs précis fondés sur les coûts de production », auquel participeraient les organisations de défense des consommateurs, devrait garantir « l'adéquation entre la production laitière et la demande exprimée pour ces produits », estime-t-il.