« Changement de règlement intérieur d’Agrial, saisonnalité chez Sodiaal, et nouvelles références TB/TP pour Lactalis : les industriels essaient de noyer le poisson », décrypte Pascal Clément, éleveur de la FRSEA de l’Ouest. « À quand une annonce positive sur les prix du lait ? », questionne le communiqué de la FRSEAO, le 28 mars.

De la méfiance…

« Plutôt que de nous accompagner sur ce marché, tout le monde essaie de changer les règles du jeu », déplore Pascal Clément. Et avant même de savoir si ces nouvelles règles peuvent être intéressantes, la réaction immédiate des éleveurs est la méfiance. Car il n’y a plus de confiance envers leurs industriels.

Et un « ras-le-bol profond »

« Qu’on arrête de se moquer de nous, exige le syndicaliste. On nous balade, tout est fait pour que nous ne nous y retrouvions pas. Pour que nous continuions à produire bêtement sans nous intéresser à la valorisation de notre produit. On ne construit pas un avenir avec ce genre de relations. Nous ressentons un ras-le-bol profond. »

« Plus de prix » : un refrain répété trop de fois

Les refrains sont toujours les mêmes. « Les vieux arguments des industriels reviennent au galop : les stocks de poudre, les marchés mondiaux… », dénoncent les éleveurs.

Et à leur tour de ressortir les mêmes phrases, puisqu’aucune ligne ne bouge. « La situation de l’élevage laitier est catastrophique. Les producteurs ne voient pas l’avenir se dégager, c’est révoltant ! […] La filière ne peut pas fonctionner sans les producteurs. Certains semblent l’avoir oublié ! […] Les producteurs ont besoin de retrouver du prix. […] La FRSEA Ouest ne les laissera pas faire sans agir, menace l’organisation syndicale. Responsables d’entreprises laitières, prenez vos responsabilités ! »

C’est un bras de fer qui a trop duré, mais dont les issues semblent encore bien lointaines.

M.B.