La Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) entend accompagner au mieux les coopératives laitières pour l'après-2015.

« Le démantèlement des quotas implique de se réapproprier la stratégie de développement de l'entreprise », a estimé Dominique Chargé, président de la FNCL, lors d'une conférence de presse le 30 janvier 2014 à Paris. Les associés-coopérateurs doivent « se réengager dans leur coopérative », en passant « d'une logique administrative à un raisonnement d'entrepreneur. Pour cela, il leur faudra comprendre le fonctionnement des marchés laitiers. » En effet, « c'est à partir des marchés, des capacités de production et des attentes des associés en termes de volumes qu'on établira le projet ».

Rémunération. Alors que la volatilité deviendra la norme, Dominique Chargé exhorte les éleveurs à « reconsidérer la notion de rémunération de l'associé-coopérateur », en ne se focalisant pas uniquement sur le prix du lait mensuel, mais en tenant aussi compte des compléments de prix, de la rémunération des parts sociales et des dividendes (ristournes). « On jugera la rémunération des producteurs sur une base annuelle, et sur l'ensemble de ses composantes », précise-t-il.

Implication. La coopérative devra désormais répondre aux attentes des associés en termes de développement (accroissement des volumes livrés), mais aussi être performante pour assurer le renouvellement des outils (industriels et des producteurs). Ce développement passe par plusieurs stratégies : aller chercher les marchés d'exportation, miser sur les marchés de niche ou conforter le marché intérieur.

Diversification. Améliorer le rapport de force face aux clients passera par la « massification », avec probablement encore davantage de partenariats. Mais aussi par une moindre dépendance au marché intérieur (en développant l'exportation), afin de s'affranchir de la pression sur les prix imposée par la grande distribution. A ce sujet, « il est temps de revenir à une relation commerciale responsable », souligne Dominique Chargé, mettant en cause la guerre des prix destructrice à laquelle se livrent les enseignes. Les négociations commerciales en cours sont « très dures ».

Cadre réglementaire. La FNCL souligne également la nécessité d'un cadre réglementaire plus adapté à cette nouvelle réalité. Dominique Chargé reste circonspect sur les effets de l'évolution de la LME (loi de modernisation de l'économie), estimant insuffisantes les modifications apportées par la loi relative à la consommation. Pour la prochaine Pac, la FNCL « souhaite des aides plus ciblées sur l'accompagnement des marchés, par des systèmes de gestion des crises et d'assurance sur les marges. A ce sujet, l'esprit du Farm Bill américain est intelligent. »

E.C.