La remontée des cours mondiaux des produits laitiers a redonné de l'oxygène aux producteurs et aux transformateurs. Mais l'essentiel des revenus supplémentaires a été capté par l'accroissement des charges, constate Rabobank.

Au cours des cinq dernières années, les cours des produits laitiers à travers le monde ont presque doublé. Mais où est allé l'argent ? interroge Rabobank dans un nouveau rapport (1).

« La situation des producteurs de lait s'est en général améliorée, mais moins qu'on ne le pense à l'extérieur de la filière. Globalement, les éleveurs réalisent des profits comparables ou légèrement supérieurs à ceux qu'ils retiraient de leur activité avant le boom des matières premières, en 2007. Cependant, la volatilité de leurs revenus s'est fortement accrue, ce qui exige de leur part des qualités managériales significativement supérieures. Le renchérissement du capital d'exploitation, particulièrement dans les régions d'élevage à l'herbe, ne leur permet d'entrevoir qu'un modeste retour financier. »  

Selon Rabobank, les sommes d'argent entrées dans la filière laitière au cours des années passées ont avant tout servi à faire face à l'accroissement des charges d'exploitation (aliments pour animaux, fertilisants, énergie), lesquelles ont progressé plus vite que les gains de productivité. Du coup, les marges opérationnelles ont évolué nettement moins vite que les cours des produits laitiers. Les revenus supplémentaires tirés de la production laitière ont également été capitalisés dans le foncier. « En règle générale, plus les marges ont progressé ces dernières années, plus les prix de la terre ont grimpé », résume Rabobank.

Du côté des transformateurs, la situation s'est également légèrement améliorée. Chez la plupart d'entre eux, les marges se sont redressées, autorisant un retour sur capital supérieur, aussi modeste reste-t-il. Un résultat obtenu en transférant une partie de la hausse des coûts sur le consommateur grâce à des produits à plus forte valeur ajoutée, et en taillant dans les coûts de fabrication.

Pour l'avenir, Rabobank anticipe une « solide croissance » du marché mondial des produits laitiers, tout particulièrement dans les pays émergents, Chine et Sud-Est asiatique en tête. Il en résulte des opportunités importantes pour les éleveurs, transformateurs et négociants des bassins d'exportation traditionnels. Cette croissance s'annonce d'ampleur différente selon les catégories de produits. En particulier, le marché des fromages devrait évoluer plus lentement que celui des ingrédients laitiers (lactosérum et autres).

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(1) « Global dairy outlook - Show me the money ! ».

B.Co.