Le ministère de l'Agriculture a proposé au conseil spécialisé du lait de FranceAgriMer de mutualiser les transferts spécifiques de quota sans terre (TSST). Les conférences de bassin n'ont pas soufflé leur première bougie que déjà l'échelle régionale apparaît dépassée pour la gestion des quotas laitiers.

C'est ce que laisse supposer la proposition présentée par le ministère de l'Agriculture au conseil spécialisé du lait de FranceAgriMer, le 8 décembre 2011. L'idée est simple : les volumes abandonnés dans le cadre des Acal, et sans acheteur dans leur région d'origine, seraient mutualisés au niveau national. Et répartis entre les autres bassins en fonction des demandes de TSST.

Les vases communicants

L'État ne financerait plus la reprise de volumes sur l'enveloppe du plan stratégique de la filière. Il laisserait les éleveurs d'autres bassins désireux d'acheter du quota, le faire. En contrepartie, les fonds publics « épargnés » seraient réorientés vers les zones de collecte à faible densité, pour soutenir les investissements et la modernisation des outils industriels.

Alors où reste-t-il du lait à acheter ?

Dans le Sud-Ouest. « Il n'y a pas de candidat au rachat dans la région, avance Thierry Roquefeuil, le secrétaire général de la FNPL. À un moment, il faut savoir évoluer, se préparer à la sortie des quotas. Pour cela, nous avons besoin d'entreprises performantes. »

JA s'est abstenu lors du vote à FranceAgriMer. Le sujet est au menu de sa prochaine session sur le lait. « Nous sommes conscients de la nécessité de ces échanges, mais nous restons attachés aux hommes et aux territoires », justifie Christophe Soulis, membre du conseil d'administration de JA.

De son côté, la Coordination rurale s'oppose à la mutualisation nationale. « Si on commence à laisser partir un peu de quota, c'est perdu pour ceux qui restent », prévient Bernard Teysseire.

Quant à la Confédération paysanne, elle considère le dispositif comme un outil de concentration. « Déménager des volumes avant la fin des quotas, c'est condamner les bassins en question », complète Josian Palach, de la commission laitière du syndicat.

Le dossier Leche Pascual en toile de fond

La FRPL du Sud-Ouest conditionne la mutualisation nationale des TSST à la reprise des producteurs livrant à Leche Pascual. Pas question, pour elle, de laisser filer des volumes dans d'autres régions si ces producteurs restent sans collecteur.

E.R.