« On débute 2018 avec un certain flou sur les perspectives de prix du lait », reconnaît Thierry Rocquefeuil, président de la FNPL. « Les stocks de poudre maigre dépassent toujours les 300 000 tonnes, ce qui tire vers le bas son niveau de valorisation sur les marchés. » Selon le syndicaliste, « il n’y a pas de visibilité sur la fin de ces stocks. La Commission européenne estime que ces stocks pèseront sur ce marché pendant encore trois ans ».

Mieux valoriser le marché intérieur, c’est la voie envisagée par le président de la FNPL. « Dans le plan de filière présenté lors des États-généraux de l’alimentation, nous souhaitons limiter la volatilité du prix du lait, a minima sur le marché intérieur, qui représente 60 % du lait collecté. »

Pour Marie-Thérèse Bonneau, « c’est le cadre que nous avons fixé dans le label “France Terre de Lait”. Nous sommes prêts à faire valoir la qualité de nos produits, leur diversité et leur traçabilité dans des cahiers des charges, à condition qu’il y ait une vraie reconnaissance sur le marché national ».

Négociations commerciales en cours

Sur le marché français, justement, les négociations commerciales entre transformateurs et distributeurs battent leur plein. « Une chose a changé depuis l’an passé, c’est la loi Sapin 2, estime André Bonnard, secrétaire de la FNPL. Elle oblige les industriels à faire figurer dans leurs conditions générales de vente un prix du lait prévisionnel payé aux producteurs sur l’année à venir. »

Même si la contrainte est respectée, une nébuleuse persiste. « Les valeurs vont de 335 à 375 €/1 000 l, selon les opérateurs, avance André Bonnard. Mais dans aucun cas il n’est précisé s’il s’agit de lait standard ou à teneurs réelles. Aussi, un tel écart de prix est incompréhensible, car le marché intérieur est stable. Nous l’estimons à 350  €/1 000 l. Il y a donc de la valeur à aller chercher. »

Pour ce faire, le syndicaliste juge nécessaire l’utilisation « d’indicateurs objectivés par l’interprofession, comme il est prévu dans le plan de la filière laitière. Nous nous battrons pour cela ».

V. Gu.