L'ambiance était plutôt calme à la soixante-septième assemblée générale de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), qui s'est déroulée les 16 et 17 mars à Aurillac (Cantal).

Les questions des 250 congressistes ont surtout tourné autour de l'adaptation de la France à l'ouverture du marché mondial et à la fin des quotas, ainsi qu'à l'amélioration de sa compétitivité.

La contractualisation et la mise en place des organisations de producteurs (OP) n'ont pas fait l'objet de débats vifs, du moins pas lors de la session ouverte à tous.

Ces sujets ont été abordés par Henri Brichart, président de la FNPL, dans son discours de clôture. Autant de « clés » qui « ouvriront les portes » d'un nouveau monde pour la filière laitière, et qu'il détaille :

- La « nécessaire » massification de l'offre par les OP. Rappelant que le ministre a mis « la charrue avant les boeufs » en publiant le décret sur la contractualisation avant celui sur les OP, Henri Brichart redoute que « les premiers contrats risquent très majoritairement de se discuter sans cet échelon indispensable » que sont les OP. Il renouvelle son appel à ne pas signer dès le 1er avril, même s'il estime les contrats « indispensables » à l'avenir.

- L'interprofession. « Le bilan du Cniel ne fait pas débat », a-t-il assèné, coupant de fait court à toute discussion. Concluant également un autre débat, il rappelle que l'interprofession « ne s'ouvrira pas » aux autres syndicats, taclant au passage les minoritaires et l'Apli.

- L'adaptation et la compétitivité. Elles passent par plusieurs points, dont la prise en compte de la variabilité des coûts, un projet mis en avant par la FNSEA. Henri Brichart a également souligné la nécessaire restructuration de la production, mais aussi celle des outils de transformation de certaines entreprises. Ce thème de la compétitivité avait déjà été abordé par le président de la FNSEA, Xavier Beulin, lors de son allocution aux éleveurs, la veille. Il fait également l'objet, à la demande du Cniel, d'un audit du cabinet McKinsey, qui a comparé les forces et faiblesses des élevages laitiers français aux exploitations allemandes et néerlandaises.

La veille également, le président de la FNPL avait déjà souligné que la fin des quotas « obligeait à repenser les relations entre producteurs et acheteurs ». « Comment piloter la filière ? Cela passera par un certain nombre d'outils, dont les bassins laitiers, que les producteurs doivent s'accaparer », a-t-il expliqué.

Julien Turenne, de la DGPAAT (direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires) du ministère de l'Agriculture, confirme : « Les bassins laitiers ont été créés pour préparer la transition vers l'après-quota le mieux possible. L'objectif des pouvoirs publics est de faire naître à l'échelle des bassins, des dynamiques collectives pour les futures négociations à la sortie des quotas. »

Pour Henri Brichart, « nous avons quatre ans pour apprendre à vivre ensemble, dans un cadre relativement sécurisé » aujourd'hui.

Quant à la réponse de Bruno Le Maire, les congressistes ne l'ont pas entendue : à cause du brouillard, l'avion du ministre de l'Agriculture n'a jamais pu se poser à Aurillac...

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E.C.