En Belgique, en Allemagne, au Danemark, en France, partout le constat dressé ce mardi 5 avril 2016, par FMB (France Milk Board Grand Ouest et FMB bassin normand est le même : les prix sont décevants, la surproduction européenne pose un problème et les producteurs pèsent trop peu face aux laiteries pour négocier les prix.

Tel est le message délivré à la presse par les deux OP (organisation de producteurs) à Paris, en préambule de plusieurs débats qu’ils organisent du 5 ou 7 avril. Pour l’occasion, ils ont accueilli des éleveurs belges, allemands, danois et français pour échanger sur la crise. Chacun leur tour, ils ont dressé le bilan de la situation dans leur pays.

« La situation en Belgique est dramatique », décrit Alain Minet, secrétaire de la Wafab (Wallonia Farmer Board), une association horizontale de producteurs. La production ne cesse d’augmenter et les prix de chuter. Après avoir été à 25 centimes en janvier, ces derniers devraient maintenant tomber en dessous des 20 centimes.

« Le marché est au même niveau en Allemagne », constate Alex Walterschen de l’association de producteur Milch Board. En Belgique, les laiteries initient des systèmes de bonus/malus pour réguler elles-mêmes leurs volumes. Au Danemark, la situation n’est pas meilleure avec un endettement total de 48 milliards d’euros des éleveurs, ainsi qu’une fuite de la profession par les plus jeunes agriculteurs.

Massifier l’offre de lait

Du côté français, Emmanuel Binois et Denis Jehannin, présidents de FMB Grand Ouest, et Guillaume Martel et Valérie Guillot, président et secrétaire de FMB bassin normand, ont rappelé leur objectif : regrouper les producteurs de lait afin de négocier ensemble un contrat avec un prix suffisamment rémunérateur. Leur message est clair : seule une OP transversale (rassemblant des éleveurs livrant à plusieurs laiteries), comme FMB, est à même de peser assez lourd pour négocier avec les laiteries.

Et plus les éleveurs seront nombreux, plus leur pouvoir sera important. C’est pour cela qu’Emmanuel Binois envisage même la création d’une OP transnationale, ce qu’il estime « légalement possible depuis décembre dernier en Europe ».

M.B.