« Depuis 2017, la production de lait biologique en France a connu un essor considérable, explique FranceAgriMer. C’est la conséquence d’un phénomène de conversions massives en 2015 et 2016 (crise des quotas, NDLR) ». Les livraisons de lait bio, toutes espèces, ont en effet bondi de 53 % entre 2015 et 2018.

En ce qui concerne le lait de vache, la collecte bio a pesé pour 3,5 % des livraisons totales sur l’année 2018, soit un total de 835 millions de litres d’après le ministère de l’Agriculture. Cette part ne fait qu’augmenter. Sur les sept premiers mois de l’année 2019, elle se monte à 4,1 %. « La collecte devrait dépasser le milliard de litres en 2020 », projetait Antoine Auvray, économistes à l’interprofession laitière (Cniel), au Space 2019.

L’aval s’adapte

« En 2018, plus de 100 sites déclarent collecter du lait biologique (toutes espèces, NDLR) », recense l’étude FranceAgriMer. Parmi eux, 20 % sont spécialisés dans cette segmentation et 50 % sont des coopératives. En termes de volumes ramassés, les laiteries privées gardent toutefois la tête.

« L’activité de collecte s’est concentrée », constate également l’institut. À ce jour, Biolait, Sodiaal et Lactalis amassent 62 % des volumes à eux seuls.

Sur le volet de la transformation, « le nombre de sites fabriquant des produits laitiers biologiques a dans l’ensemble augmenté, […] de même que leur production moyenne, résume l’étude. Les sites sont plus nombreux et de plus grande taille ».

La dynamique du lait bio ne devrait pas se tarir de sitôt. Ces tendances devraient ainsi continuer à s’affirmer dans les mois et années à venir. « Le défi pour la filière va être de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande » pour garantir la viabilité du lait biologique, alerte FranceAgriMer. Régulation des volumes, conquête du marché international… À chacun sa stratégie.

A. Courty