L’OPA doit porter sur 12,26 % du capital (dont Lactalis détient déjà 87,74 %) et s’effectuer au prix de 2,80 euros par action, avait indiqué le groupe français le 27 décembre 2016. Lundi en milieu de journée, le titre Parmalat s’échangeait à trois euros à la Bourse de Milan.

Dans une note transmise à Sofil (actionnaire majoritaire de Lactalis), dont l’AFP a pu se procurer une copie, la Consob a demandé « des informations supplémentaires (sur la documentation présentée), entraînant l’interruption de l’instruction jusqu’à l’achèvement du cadre informatif ». Tant que l’instruction n’est pas terminée et que la Consob n’a pas donné son feu vert, l’OPA ne peut être lancée.

Joint par l’AFP, le porte-parole de Lactalis a précisé qu’il n’y avait « pas de suspension définitive de l’offre par l’Autorité des marchés mais une suspension momentanée, un décalage qui pourrait aller jusqu’à 15 jours, pour répondre à des questions sur des dossiers juridiques en cours chez Parmalat ».

Certains actionnaires minoritaires reprochent de l’« opacité »

Lactalis a pris le contrôle du groupe agroalimentaire italien en 2011 via une OPA hostile, mais a connu régulièrement de fortes tensions avec certains actionnaires minoritaires, qui lui reprochent son « opacité » et une partie de la politique engagée.

Parmi eux figure le fonds Amber Capital, qui détient un peu plus de 3 % de Parmalat et juge l’offre de l’OPA insuffisante, estimant que « le prix juste ne peut être inférieur à 4 euros ».

Interrogé par l’AFP, son représentant, Arturo Albano, a dit ignorer quelles étaient les informations supplémentaires réclamées. Mais il a souligné qu’à la fin de décembre, immédiatement après l’annonce de l’OPA, Amber Capital avait « écrit à la Consob, en se plaignant du fait qu’il manquait toute une série d’informations […], en particulier sur le contentieux avec Citigroup et les perspectives en termes de revenus des nouvelles acquisitions, car cela peut avoir un impact important sur la valeur de Parmalat ».

Un contentieux oppose Parmalat à Citigroup, accusé par le groupe italien de complicité dans les événements qui ont mené à sa banqueroute en 2003.

« Selon des médias, Parmalat réclamerait entre 1 et 1,5 milliard d’euros : c’est un chiffre énorme, alors que la capitalisation de Parmalat est de 5,5 milliards », a noté M. Albano, en soulignant que si un accord intervient après l’OPA, les actionnaires minoritaires seront lésés.

De plus, selon lui, le prix proposé « ne tient pas compte du fait que dans les prochaines années, toutes les sociétés que Parmalat a acquises entre 2014 et 2016 au Brésil, en Australie, au Mexique, dépensant ainsi environ un milliard d’euros, commenceront à générer de l’argent ».

AFP