Des capteurs français pour connecter les silos d’aliments

Spécialisée dans les capteurs de contrainte et de déformation, la start-up toulousaine Nanolike a débuté dans l’aérospatial en 2012. Elle a effectué un virage stratégique à la suite d’une rencontre avec la Cooperl et Even en 2017 et a orienté son activité vers les silos. La solution proposée indique en direct le niveau de remplissage des tours, prévoit les évolutions à 4 jours et propose de commander de l’aliment depuis l’application mobile associée.

« Nous atteignons actuellement le cap des 1 000 silos équipés, répartis entre la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, explique Jean-Jacques Bois, cofondateur de Nanolike. Nos clients sont soit des éleveurs indépendants qui veulent gérer et anticiper leurs stocks, soit des coopératives en filière plus ou moins intégrée. Leur intérêt est dans l’optimisation de la logistique de distribution. »

Le capteur Nanolike laisse intactes les parois du silo et s’installe en une vingtaine de minutes. Il est vissé directement dans un des pieds du silo et estime le niveau de remplissage en fonction des contraintes des déformations des matériaux, à l’échelle micrométrique. Il est calibré à renfort d’intelligence artificielle et s’étalonne dans les trois semaines qui suivent son installation.

Sa précision est de l’ordre de 250 kg. « Ce niveau est largement suffisant pour anticiper les commandes d’aliment », estime Jean-Jacques Bois. La version la plus chère du capteur coûte 499 € à l’achat et 49 € d’abonnement annuel.

Une centrale d’achat pour les agriculteurs méthaniseurs

Magma Energy a été fondée par Thierry Gahamanyi, ancien responsable des achats pour GRDF (Gaz Réseau Distribution France). La start-up entend voler au secours des agriculteurs dans leurs projets de méthanisation. Elle propose des réductions de prix sur des pièces d’unités de méthanisation en groupant les achats.

Magma Energy collecte les besoins des porteurs de projets grâce à différentes structures publiques, privées et associatives, en lien avec la filière du biogaz. Elle se charge ensuite de lancer un appel d’offres commun puis établit des plannings de livraison et des échéanciers de paiement pour chaque unité, au cas par cas.

Le matériel choisi est sous la garantie du constructeur. Quatre offres différentes sont proposées pour les porteurs de projet, selon le stade d’avancement et les besoins de leurs unités. Le premier appel d’offres réalisé au printemps 2020 a débouché sur des réductions de 15 % sur des épurateurs pour trois unités de production de biométhane.

Le second appel d’offres a conduit à une économie moyenne de 20 % pour huit méthaniseurs. Le lancement du troisième achat groupé de systèmes d’épuration aura lieu prochainement. Deux appels d’offres annexes porteront sur les fournitures de consommables et d’électricité.

Des drones au service de la pulvérisation de précision

La start-up canadienne Precision AI, fondée en 2018, combine l’utilisation de drone et de la pulvérisation ultra-localisée. Elle vient de lever 20 millions de dollars en capital. Elle propose deux types de solutions pour mettre les machines volantes au service de la protection des cultures.

La première consiste en un vol au-dessus de la parcelle pour obtenir une image très précise de la localisation des mauvaises herbes. Cette carte des adventices peut alors être intégrée à un pulvérisateur de précision qui n’appliquera l’herbicide que dans les zones repérées.

La seconde solution consiste en une application du produit par l’aéronef. Le drone effectue d’abord un repérage puis propose un plan de vol optimisé au moyen d’une intelligence artificielle. L’agriculteur peut choisir de s’en tenir à cette proposition ou d’y effectuer des modifications. Le drone effectue ensuite la pulvérisation.

Gildas Baron