« La mort est dans le pré », « À bout de force », pouvait-on lire sur des banderoles accrochées à une dizaine de tracteurs. Après avoir défilé dans les rues de la ville, les manifestants se sont rendus devant la préfecture, la Mutualité sociale agricole (MSA) et la permanence de la députée socialiste Lucette Lousteau, y déversant à chaque fois du fumier pour marquer leur mécontentement.

Ils ont également accroché aux grilles de la préfecture des dizaines de crucifix symbolisant leurs collègues suicidés, avant qu’une délégation ne soit reçue par la préfète du Lot-et-Garonne, Patricia Willaert.

La manifestation était organisée spontanément par plusieurs agriculteurs du canton de Puymirol, en réaction au suicide récent d’un des leurs.

« Ce suicide a été un électrochoc »

« Ce suicide a été un électrochoc. Nous avons décidé d’agir, ça ne peut plus durer. Beaucoup d’agriculteurs pensent au suicide. L’autre jour, un père de famille est venu me voir en pleurs. Il ne peut plus nourrir sa famille », a résumé l’un des organisateurs, Jean-Baptise Lodetti, 22 ans.

L’ensemble des syndicats agricoles du département ont répondu à l’appel, s’abstenant toutefois de déployer des banderoles ou des signes d’appartenance. On estime qu’en France, on compte un suicide d’agriculteur tous les deux jours environ.

Michael, 32 ans, céréalier et éleveur, il « ne voit pas le bout du tunnel ». « Moi, je suis pluriactif sinon on ne s’en sort pas. Ma femme travaille aussi à l’extérieur. Il y a 10 ans de cela, je pensais que le suicide était un acte de lâcheté. Mais maintenant, je me rends compte que certains sont dans de telles difficultés qu’ils ne voient pas d’autre solution. »

Avec l’AFP