« Je suis installée depuis octobre 2018, avec mon père à Oney (Haute-Saône) dans une exploitation de polyculture-élevage, décrit Clémence. Le parcours pour s’installer est le même pour un homme ou une femme. Que ce soit au niveau scolaire ou lors des formations je n’ai jamais rencontré de difficulté particulière. D’un point de vue personnel, je ne trouve pas qu’être une femme change grand-chose, insiste Clémence. Il faut peut-être faire un peu plus ses preuves car on rentre dans un métier d’homme. »

Certains clients avaient des préjugés.

« Je n’ai jamais eu de problème à m’intégrer dans des milieux masculins. Que ce soit à la ferme ou l’été quand je conduis une moissonneuse pour une entreprise de travaux agricoles, je suis dans une équipe avec 14 hommes », détaille Clémence.

« Jamais de réflexions négatives »

« Là, c’est vrai qu’au début certains clients avaient des préjugés, mais je n’ai jamais reçu de réflexions négatives et j’ai rapidement montré qui j’étais, indique Clémence. La première année a tout de même été un peu plus compliquée : au téléphone, la patronne ne disait pas aux clients que j’étais une femme afin qu’ils ne disent pas non d’emblée. »

« Quand j’arrivais, soit ça passait, soi ça cassait, mais ça n’a jamais cassé… toujours passé, se félicite Clémence. À la ferme c’est différent, c’est la ferme familiale et j’y suis depuis que je suis toute petite. Donc, tout le monde sait ce que je vaux. J’ai déjà fait mes preuves ! »

Propos recueillis par Marie-Astrid Batut