« Les choses se dégradent », a déclaré Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, ce 4 septembre 2019 lors d’une conférence de presse. La responsable syndicale a ainsi listé 8 intrusions dans des élevages en 2017, 16 en 2018 et 41 à ce jour en 2019. Sur ces 41 intrusions, elle en attribue 30 à DxE, 8 à L214 et 3 à Boucherie abolition.

« Un sentiment d’impunité »

« Il y a une espèce de laisser-faire, de laxisme et un sentiment d’impunité de la part de ceux qui commettent ces intrusions. On ne va pas se laisser dicter la loi par quelques abolitionnistes radicalisés qui ont des pratiques inacceptables », a-t-elle expliqué, estimant que ces intrusions mettent en jeu le respect de la propriété privée, mais aussi les règles de biosécurité. « Nous ne nous laisserons pas dénigrer de cette façon et avons donc systématisé les plaintes. »

La présidente de la FNSEA a également évoqué l’altercation lundi entre des agriculteurs de l’Essonne et des gens du voyage ayant installé leurs caravanes sur la parcelle d’un exploitant. Quand d’autres agriculteurs sont venus en renfort pour tenter de les déloger, les gens du voyage ont riposté avec des coups de feu. « Le préfet de l’Essonne n’a pas pris les dispositions pour protéger les agriculteurs. Va-t-on arriver à de l’autodéfense ? Ce n’est pas ce que nous prônons. Cela, on va le dire à Monsieur Castaner. Jusqu’où va-t-on aller ? Un jour, un agriculteur va “péter un câble”. »

Car ces agressions concernent également « les produits phytosanitaires », a déclaré Christiane Lambert. Elle a ainsi évoqué plusieurs attaques contre des agriculteurs traitant leurs parcelles, notamment dans l’Ain où l’agresseur vient d’être condamné. « L’exaspération des agriculteurs, le durcissement du ton vient aussi de cela. Nous faisons donc appel au ministre de l’Intérieur et à la justice pour que cela cesse par les voies normales, la surveillance, la protection. »

Y.H.