Dans une lettre ouverte adressée le 5 octobre 2010 à Jean-Michel Lemétayer, le président de la Coordination rurale, François Lucas, considère le président de la FNSEA « responsable de la situation actuelle de l'agriculture française et de la disparition de tant d'agriculteurs ».

François Lucas met en cause trois décennies de cogestion avec le ministère de l'Agriculture. Fustigeant les arguments « hypocrites » de Jean-Michel Lemétayer, il réitère sa demande de voir les minoritaires siéger au sein des interprofessions.

Dans ce courrier, la Coordination rurale avance les mêmes arguments que la Confédération paysanne, qui occupe symboliquement les locaux de l'interprofession laitière (Cniel) depuis 28 jours.

« Pourquoi plus de 40 % des agriculteurs qui ont exprimé leur suffrage lors des élections professionnelles de 2007 ne sont-ils représentés au sein de leurs instances professionnelles qu'à hauteur de 10 % ? Et encore moins à l'APCA puisqu'ils ne sont représentés que par 3 % des voix ! »

François Lucas rappelle également que la FNSEA et JA « occupent 80 % des sièges alloués aux syndicats agricoles au Conseil économique, social et environnemental » et que la FNSEA « assure à 100 % la représentation des employeurs en agriculture dans toutes les instances de dialogue social ».

« Elle a en 2002 créé à sa main l'association Provea dont le siège et le standard téléphonique sont ceux de la FNSEA. Celle-ci collecte une cotisation rendue obligatoire de 0,20 % de la masse salariale agricole (environ 10 millions d'euros par an) payée par tous les employeurs », poursuit la Coordination rurale.

Elle dénonce une absence totale de démocratie et un manque de transparence des fonds ainsi gérés par la FNSEA.

Téléchargezla lettre de François Lucas, président de la Coordination Rurale, à Jean-Michel Lemétayer.

A.De.