Après 28 jours d'occupation de la Maison du lait « nous avons demandé à 45 maires d'accompagner la Confédération paysanne au ministère de l'Agriculture », a expliqué mardi le porte-parole du syndicat, Philippe Collin.

Le chiffre de 45 correspond aux « 45 % de paysans qui ne sont pas représentés » au sein de l'interporfession laitière (Cniel), où le syndicat majoritaire représente seul les producteurs.

Les élus qui sont venus soutenir la Confédération paysanne ont notamment mis en avant l'exigence de « démocratie » et ont souligné le rôle de plus en plus important du Cniel dans l'organisation de la filière, dans un contexte de dérégulation au niveau européen.

Les 45 maires devaient être reçus par le directeur de cabinet de Bruno Le Maire, indique la Confédération paysanne. « Ce sont pourtant trois brigades de CRS qui les ont accueillis bouchant la rue de Varennes provoquant la stupeur chez les élus. Après une négociation difficile et un peu surréaliste, le ministre de l'Agriculture a finalement accepté de recevoir les maires avec trois personnes de la Confédération paysanne », explique le syndicat dans un communiqué publié mardi soir.

La Confédération paysanne indique que l'ensemble de la délégation a réaffirmé « avec force » que le ministre de l'Agriculture avait le choix entre deux solutions :

- « soit les interprofessions sont des structures relevant du droit privé, alors les accords qu'elles prennent ne peuvent s'appliquer qu'à leurs membres et le ministre doit arrêter de les homologuer, c'est-à-dire de les rendre obligatoires et applicables à tous les paysans »

- « soit les accords interprofessionnels s'appliquent à tous, alors les interprofessions sont investies d'une mission de service public. Elles doivent devenir pluralistes et transparentes et le ministre doit arrêter de les homologuer tant qu'elles n'auront pas intégré l'ensemble des représentants du monde agricole ».