Cinquième exportateur mondial de produits agroalimentaires, le Canada a dû composer avec des éclosions majeures de coronavirus dans ses usines de transformation, engendrant des retards dans les abattoirs.

Les producteurs de pommes de terre ont perdu des récoltes faute de demande pour les frites avec la fermeture des restaurants. Les maraîchers déplorent la pénurie de travailleurs étrangers alors que les semis commencent.

La Fédération canadienne de l’agriculture réclamait une aide de 2,6 milliards de dollars à Ottawa. Elle a obtenu 252 millions de dollars, soit 166 millions d’euros.

« Nous faisons ce que nous pouvons »

L’aide annoncée doit permettre au secteur de moderniser ses installations, accroître sa production, acheter des équipements de protection personnelle et s’adapter aux nouveaux protocoles sanitaires mis en place pour contrer la propagation du coronavirus.

Le gouvernement va également acheter des aliments excédentaires ou invendus et les distribuer à des banques alimentaires.

« La situation est loin d’être parfaite », a reconnu le Premier ministre Justin Trudeau lors de sa conférence de presse quotidienne. « Mais nous faisons ce que nous pouvons pour nous assurer que les (agriculteurs) soient récompensés pour leur dur travail et que d’autres ne sombrent pas dans la famine ». « Les chaînes d’approvisionnement mondiales connaissent des perturbations importantes », a souligné M. Trudeau.

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La viande devient moins rentable

La pandémie entraîne également du gaspillage en raison d’excédents de production de certains aliments « comme le lait, le beurre et les pommes de terre », a-t-il dit.

Les éleveurs de bovins et de porcins font face à des coûts additionnels pour nourrir leurs animaux pendant plus longtemps en raison de l’engorgement des abattoirs. Deux usines de transformation de l’Alberta (ouest), qui assurent 70 % de la production nationale de bœuf, viennent de rouvrir après avoir été temporairement suspendues après la contamination de salariés, ce qui avait entraîné une forte diminution de la viande sur les marchés.

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AFP