Les producteurs de lait américains n’ont pas suffisamment accès au marché canadien malgré les dispositions de l’accord de libre-échange nord-américain, a déploré mercredi 30 mars 2022 la représentante américaine au Commerce, qui a promis de tout faire pour défendre leurs intérêts.

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« Un différend de longue date »

« Il s’agit d’un différend de longue date » entre les États-Unis et le Canada, a rappelé Katherine Tai lors d’une audition devant la Chambre des représentants. « Je pense qu’il y avait une compréhension claire de notre côté, que l’accès au marché laitier serait amélioré dans le cadre de l’AEUMC et nous n’avons pas vu cela », a-t-elle dit.

« Nous n’abandonnerons pas » l’objectif de faire appliquer les dispositions de l’accord États-Unis Mexique Canada (AEUMC) et « nous continuerons de travailler » avec les agriculteurs et les législateurs, a ajouté l’ambassadrice.

L’AEUMC remplace l’Alena

Arraché à l’issue d’âpres discussions entre Washington, Ottawa et Mexico, le traité de libre-échange AEUMC est entré en vigueur en pleine pandémie de Covid-19. Le 1er juillet 2020, à la demande de l’ancien président américain Donald Trump, ce traité avait remplacé l’Alena, l’accord de libre-échange nord-américain qui était en vigueur depuis 1994.

« Je respecte absolument les aspirations de nos producteurs laitiers et j’ai hâte de travailler avec vous, y compris sur une stratégie pour savoir quelle est la prochaine démarche à suivre », a souligné Katherine Tai, qui a négocié les aspects sociaux du nouvel accord.

Des restrictions commerciales une nouvelle fois dénoncées

Washington a déjà eu recours à des dispositions du traité pour dénoncer les quotas laitiers canadiens. Et l’administration américaine avait obtenu gain de cause quand, au début de janvier, le groupe spécial de règlement avait estimé que ces quotas étaient contraires aux dispositions de l’AEUMC.

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Un autre litige sur le bois

Pour autant, les restrictions commerciales ne semblent pas avoir été levées côté canadien.

Interrogée sur l’autre gros contentieux avec Ottawa relatif au bois d’œuvre, Katherine Tai a reconnu que les perturbations sur la chaîne d’approvisionnement contribuaient aujourd’hui aux difficultés rencontrées par les entreprises américaines du secteur.

Elle a toutefois assuré que son administration veillait « à ce que les producteurs américains de bois d’œuvre résineux soient en mesure de rivaliser sur un pied d’égalité contre les effets néfastes des importations canadiennes injustement subventionnées et faisant l’objet d’un dumping ».

Elle a aussi souligné que les États-Unis étaient « disposés » à résoudre ce litige. « Mais cela exige que nous soyons tous les deux à la table des discussions avec la volonté de résoudre les difficultés », a-t-elle poursuivi. « Il faut être deux pour danser le tango », a-t-elle conclu.

AFP