Grand-Brassac, en Dordogne, est une des communes les plus touchées par le violent orage de grêle qui a tout détruit sur son passage dans la nuit du 20 au 21 juin 2022. C’est un paysage d’apocalypse qui s’offre à nous.

Les cultures de ce secteur nord-ouest de la Dordogne sont par endroits anéanties. Les matériels et les bâtiments sont gravement détériorés. Ils sont pour la plupart inutilisables, privant ainsi les agriculteurs de leurs outils de travail et de leurs productions.

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Parcelles, arbres et bâtiments abîmés

Ce mercredi 22 juin 2022, ils sont une douzaine d’exploitants, les visages fermés et fatigués, à attendre le représentant de l’État, les élus et les responsables agricoles, parmi eux, Clément Courteix. Nous sommes sur une de ses parcelles : tout est haché, il ne reste rien.

« Notre exploitation s’étend sur trois communes et sur 250 hectares, explique l’agriculteur. Nous sommes trois à vivre sur la ferme avec un salarié. À Grand-Brassac et Montagrier se trouvent des parcelles de maïs. Sur 160 hectares de l’exploitation, les pertes sont de 100 %. Pour nos quinze hectares de noyers, nous avons peu d’espoir. Certains arbres sont cassés. Nous avons aussi un élevage de poules pondeuses, malgré des dégâts sur nos bâtiments, nous allons sauver cette production. »

Les quinze hectares de noyers de Clément Courteix ont été gravement touchés. © C.-H. Yvard

Au pire moment

Cet accident climatique arrive au pire moment, à quelques jours des moissons. Impossible de replanter quelque chose. « Comme la grande majorité des exploitants du secteur, je ne suis pas assuré pour la perte de récoltes, principalement pour des questions économiques », indique le jeune homme installé depuis 2014, qui espère « des mesures exceptionnelles face à une situation exceptionnelle ».

« La principale problématique, c’est comment on fait pour repartir, s’inquiète Clément Courteix. On ne récoltera rien et on aura zéro rentrée d’argent. Sur notre exploitation, nous avons déboursé 200 000 euros d’avance sur cultures, entre les engrais, les semences. Sans aide ni accompagnement, cela va être problématique de repartir, pour beaucoup d’entre nous. »

Cellule de crise et solidarité

Pour le moment, l’heure est encore à la solidarité vis-à-vis de la profession agricole pour fournir des groupes électrogènes, des bâches, et préserver les bâtiments en particulier chez les éleveurs. Il faudra quelques jours pour chiffrer et expertiser les dégâts.

La Chambre d’agriculture de la Dordogne a mis en place une cellule de crise au numéro suivant : 05 53 92 47 50. La Mutualité sociale agricole débloque son fonds d’urgence pour les situations les plus dramatiques. Les arrêtés de catastrophe naturelle devraient être rapidement pris pour les communes concernées.

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Claude-Hélène Yvard