Depuis l'automne, les acteurs de l'installation en agriculture sont mobilisés, dans les régions comme au niveau national, pour des Assises de l'installation dont l'objectif est d'alimenter la future loi d'avenir qui doit être présentée en conseil des ministres en octobre puis au Parlement en janvier 2014.

Une synthèse des travaux menés localement a été présentée le 11 juin 2013 par le ministère de l'Agriculture. L'utilité de l'accompagnement personnalisé des porteurs de projet mis en place en 2009 a été plébiscitée par l'ensemble des participants.

Pour le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA), cela « démontre [sa] légitimité à continuer à pousser ses revendications ». JA se félicite d'une autre de ses idées qui a été reprise : la complémentarité Etat-Régions dans le financement de l'accompagnement à l'installation et une « boîte à outils financiers abondés ». Par exemple, les Régions pourraient prendre en charge le soutien aux plus de 40 ans que l'Etat ne peut pas assurer car les textes européens le lui interdisent.

L'entrée unique dans l'agriculture, qu'est le point info-installation (PII), a été réaffirmée. Celui-ci devrait dorénavant accueillir tous les candidats à l'installation, quel que soit leur âge et leur projet. C'est la volonté de 83 % des participants. Il devrait aussi être chargé du suivi postinstallation. Aujourd'hui, les PII n'accompagnent d'un candidat sur trois.

Autre changement, l'initiative de quelques départements devrait devenir la règle : les PII ne devraient plus être gérés par le seul syndicat JA. « Plusieurs structures compensent ses lacunes en accompagnant des porteurs de projets, souligne la Confédération paysanne. Il semble, dans l'état actuel des réflexions, que la reconnaissance de ces structures (Civam...) soit à l'ordre du jour. » Chacun reste très prudent.

Le ministre doit s'exprimer sur les résultats de ces Assises de l'installation d'ici à la fin du mois. Et tout le monde attend la concrétisation de ces avancées dans le texte de la loi d'avenir en préparation. Jeunes Agriculteurs sera particulièrement vigilant à la définition du statut d'agriculteur, à la suppression de la demi-SMI ou encore à la révision du contrôle des structures. Quant à la Confédération paysanne, elle veillera à une mise en réseau du PII, autrement dit au pluralisme, ou la prise en compte des installations progressives et des outils qu'elle expérimente depuis plusieurs années comme les « couveuses ».