Des centaines d'hectares ont été détruits par les inondations dans l'Hérault, et particulièrement chez des viticulteurs qui étaient en pleines vendanges, a rapporté vendredi à l'AFP Jérôme Despey, président de la chambre d'agriculture de l'Hérault.

« Il y a entre 2.000 et 2.500 hectares agricoles inondés dans l'Hérault. Parmi eux, certains avaient déjà été récoltés mais il y a des pertes agricoles sur des centaines d'hectares », estime le viticulteur.

« On a recensé des palissages couchés, des vignes arrachées dans les premiers rangs près des rivières et des vignes limonées, c'est-à-dire que la boue est passée par là et que le raisin n'est plus récoltable », rapporte-t-il.

Les vendanges ont commencé le 20 août dans les plaines de la région et à certains endroits, deux tiers des vignes restaient à récolter, selon lui.

D'autres secteurs sont touchés, des producteurs de pommes ou des éleveurs notamment.

Curage des cours d'eau

Jeudi, quatre personnes ont été emportées par la crue soudaine d'une rivière à Lamalou-les-Bains, dans l'Hérault, après de violents orages traditionnels en cette saison.

Un début de polémique est né, les habitants reprochant notamment l'absence d'entretien de cette rivière, alors que selon la préfecture le sinistre a été provoqué par la rupture soudaine d'un embâcle, un obstacle naturel de végétaux et débris divers dans le cours d'eau qui a lâché sous la pression des flots.

Jérôme Despey, qui est également secrétaire général adjoint de la FNSEA, estime lui que cet épisode illustre une nouvelle fois les limites de la réglementation qui interdit aux agriculteurs de curer les cours d'eau.

« Quand il pleut ici, avec en contrefort les Cévennes, si les rivières ne sont pas nettoyées, il y a un effet de vague », déplore-t-il.

La FNSEA s'est déjà mobilisée pour demander le droit d'entretenir les fossés et les cours d'eau.

Selon l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), les agriculteurs ont le droit d'entretenir les cours d'eau, de retirer les arbres, les atterrissements ponctuels (terre, gravier...).

En revanche, s'ils souhaitent faire du curage avec intervention mécanique, ils doivent demander une autorisation et ce depuis une loi de 2006.