Les agriculteurs de l'Aube attendaient, ce vendredi 10 mai 2013, la fin de la décrue pour estimer précisément les dégâts occasionnés par les inondations de la semaine, qui ont touché les céréales et les fourrages.

Des parcelles d'orge, de maïs, de colza ont été entièrement ravagées par les inondations dans la vallée de l'Aube et de la Seine, indique Jean-Mathieu Marsouin, directeur de la FDSEA de l'Aube. « Certainement sans se tromper, plusieurs centaines d'hectares, voire plusieurs milliers », estime-t-il, en l'absence de chiffres exacts toutefois, alors que la décrue commence à peine dans le département.

De nombreuses parcelles devraient rester sous l'eau « encore plusieurs jours » de Bar-sur-Aube à Nogent-sur-Seine, selon lui, conséquence des lâchers de barrage destinés à « se remettre à des niveaux plus compatibles avec l'état des digues et des courbes de remplissage ».

Les agriculteurs auront un meilleur aperçu la semaine prochaine pour évaluer les pertes, selon Baptiste Gatouillat, président des Jeunes Agriculteurs de l'Aube. « Les récoltes de foin ne se feront pas », rapporte-t-il d'ores et déjà, alors que de nombreuses prairies ont été inondées. Avec des stocks déjà bas, les éleveurs pourraient être confrontés à de grandes difficultés pour trouver du foin, selon lui.

Par ailleurs, il n'y a pas d'assurance pour la récolte de foin, indique le jeune agriculteur. « Il y a un peu de découragement, car c'est le travail de l'année, à deux mois de la récolte, qui est anéanti », déclare M. Gatouillat. Les cultivateurs vont-ils ressemer ? « Il faut déjà attendre que la terre sèche », observe-t-il.

« On dirait des marécages. La terre est gorgée d'eau, on marche comme dans de la vase », raconte Xavier Bresson, céréalier à Longchamp-sur-Aujon, à la limite de l'Aube et de la Haute-Marne. Environ 60 hectares, sur les 250 que compte son exploitation, ont été inondés, parfois sous deux mètres d'eau.

« C'est récurrent, ce sont des zones inondables. Mais la crue est beaucoup plus importante, beaucoup plus soudaine et violente que d'habitude », remarque Xavier Bresson. Il estime à 20.000 euros la valeur perdue en terres, à ses frais, car il n'est pas assuré. Il ne peut pas encore évaluer les pertes sur récolte mais elles seront certainement importantes, car la période idéale de semis pour le maïs se situe en avril.

« On va replanter à la fin de mai, au début de juin... A vrai dire, je ne sais pas », dit-il. Environ un tiers des zones inondées sur son exploitation étaient encore sous l'eau, vendredi après-midi.