La recette paraît presque simple. Prenez de la poitrine de dinde, roulez-la et cuisez-la quelques instants au bain-marie. Puis couvrez-la de poudre de jus de carotte (miam !), versez un peu de sirop d’érable et finissez la cuisson au four pendant un quart d’heure. Décorez enfin de persil pour faire les fanes, et voilà une belle Varotte !

Cette création originale est due à Neville Craw, le vice-président des innovations culinaires chez Arby’s. « Jim m’a appelé et m’a dit qu’il fallait changer ce paradigme qui consiste à transformer des légumes en viande », explique Neville. Car Jim Taylor, directeur du marketing, a de grandes ambitions pour son groupe : développer une gamme entière de Végumes (Megetable en anglais) ou légumes à base de viande.

Une carotte-manifeste

En mai dernier, Arby’s avait rappelé clairement sa position sur les viandes d’origine non-animale. « La probabilité que nous proposions des viandes végétales dans nos restaurants, maintenant ou dans le futur, est absolument nulle », avait déclaré le groupe dans un communiqué, en réponse à des interrogations sur la présence de produits Beyond Meat sur ses menus.

La Varotte apparaît donc comme un manifeste de la chaîne, qui poursuivra, malgré l’amplification de la tendance végétarienne dans l’agroalimentaire, à promouvoir un carnivorisme assumé. « Les viandes d’origine végétale ne sont qu’un effort pour transformer les légumes en ce que désirent réellement les Américains : des bonnes viandes », a affirmé Jim Taylor à l’agence de communication d’Arby’s, Inspire Stories.

La Varotte n’est pas encore disponible dans les restaurants, mais quelques journalistes ont eu la chance de la goûter. Bertrand Usclat en avait rêvé, Arby’s l’a fait.

Ivan Logvenoff