La France veut vendre son savoir-faire agricole en Inde, un secteur jusqu'à présent négligé dans les relations bilatérales alors que les investissements français en Chine ont explosé, a déclaré jeudi le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire.

« La France exporte aujourd'hui pour 30 millions d'euros par an de biens agricoles et agroalimentaires vers l'Inde contre 5 milliards d'euros vers la Chine : c'est un diagnostic qui n'est pas acceptable », a résumé le ministre lors d'un point presse à l'occasion d'un déplacement à New Delhi.

Estimant que la coopération agricole a été « laissée pour compte » dans la relation stratégique avec l'Inde, centrée notamment sur le nucléaire et la défense, M. Le Maire est venu proposer aux autorités indiennes un memorandum qui pourrait être signé lors de la prochaine visite en Inde de Nicolas Sarkozy.

Ce memorandum vise à augmenter les échanges commerciaux avec l'Inde, à renforcer la coopération technique et à augmenter les investissements directs en Inde des entreprises de la grande distribution ou de l'agroalimentaire.

En matière de coopération technique, le ministre a souligné le savoir-faire français dans des domaines tels que la génétique animale, la sécurité sanitaire ou le procédé de la chaîne du froid, une question épineuse dans un pays qui souffre d'un cruel manque d'infrastructures.

Dans ce cadre, des établissements publics français tels que l'agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses, ex Afssa) pourraient apporter des éléments techniques à l'Inde, a précisé Bruno Le Maire.

Tandis que l'Inde exporte vers la France quelque 300 millions d'euros par an de biens agroalimentaires, le ministre a plaidé pour que l'agriculture française soit résolument tournée vers « la compétitivité et l'exportation ».

Dans le cadre de la présidence française du G20 à partir de mi-novembre, Bruno Le Maire est aussi venu plaider en Inde pour une régulation des marchés agricoles, dont les cours des matières premières sont soumis à une volatilité croissante.

En présentant ses priorités pour le G20, Nicolas Sarkozy avait proposé d'ouvrir le chantier de « la volatilité des prix des matières premières », insistant notamment sur les matières premières agricoles.

Le ministre de l'Agriculture a plaidé pour un système d'échange d'informations et de concertation entre les pays membres du G20, pour une transparence sur les stocks et les niveaux de production ainsi que pour un encadrement des instruments de marchés, tels les contrats de gré à gré. « Toutes ces propositions au niveau ministériel indien ont reçu un accueil très favorable », a-t-il assuré.

M. Le Maire a dit espérer trouver un point de consensus sur ces questions entre tous les pays membres et voir les propositions formalisées fin 2011. « L'enjeu est tout autant important que la régulation financière », a-t-il insisté.