Déjà pointés dans le plan national de soutien par des mesures spécifiques comme le dégrèvement de taxe sur le foncier non bâti, les exploitants agricoles de l’Île-de France (1), particulièrement touchés par les intempéries et les inondations, vont bénéficier du soutien de leur chambre d’agriculture.

Son président Christophe Hillairet a en effet annoncé le 5 octobre 2016 la mise en place d’un « plan d’action exceptionnel », à hauteur de 400 000 euros, afin de « soutenir des exploitations agricoles ouest-franciliennes, fragilisées par une crise sans précédent », a-t-il précisé, tout en soulignant un manque à gagner de l’ordre de 500 à 700 euros par hectare.

Des outils de suivi de trésorerie

Concrètement, la chambre d’agriculture prévoit la mise en place de nouveaux services comme l’ouverture de permanences, par des conseillers de gestion, dans les antennes décentralisées de la chambre. Ces entretiens pourront aboutir à la mise en place d’un plan d’action partagé pour les situations les plus difficiles, en collaboration avec la banque et la coopérative ou le négoce de l’exploitant.

Il est aussi prévu la mise à disposition, sur le site de la chambre, d’un logiciel simple de budget de trésorerie « afin de permettre à chacun de ne pas se laisser surprendre par certaines échéances ». Des formations consacrées au développement de plans de trésorerie seront par ailleurs programmées pour accompagner plus particulièrement les agriculteurs demandeurs d’un soutien approfondi.

Des formations autour des risques climatiques

Concernant le service technique, de nouvelles actions seront proposées sur l’adaptation et la pérennité des systèmes de productions, « dans une optique de réduction des charges et de durabilité face aux réalités climatiques, économiques et sociétales ». Des réunions et formations sur les charges opérationnelles et de matériel seront ainsi organisées cet hiver.

Un accent sera mis sur la dynamique de groupe au sein des cercles comme des groupements de développement agricole, pour une analyse comparative des charges d’intrants par rapport à une moyenne pertinente selon les potentialités des sols.

Une réflexion sur les systèmes d’exploitations compétitifs de demain sera menée de manière plus approfondie et aboutira, là aussi, à la proposition de formations. Même initiative sur la thématique d’adaptation des systèmes de cultures aux risques climatiques.

Un coup de pouce sur les mesures environnementales

En matière d’environnement, un accompagnement spécifique sera proposé pour tout agriculteur souhaitant souscrire à une mesure agroenvironnementale. Il s’agit de « maximiser la valeur ajoutée de terres à faible potentiel », précise la chambre d’agriculture. Une demi-journée d’échanges sur l’exploitation sera prise en charge à moitié de son coût.

En matière de diversification, un diagnostic d’une demi-journée est proposé à tout exploitant qui le souhaite, subventionné à hauteur de 50 % par la chambre d’agriculture.

(1) La chambre interdépartementale d’agriculture de l’Ile-de-France exerce ses activités sur 7 départements : Paris et sa petite couronne, les Yvelines, le Val-d’Oise et l’Essonne.

Rosanne Aries