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Les abattages de vaches au plus bas

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En France, comme dans le reste de l’Europe, les abattages de femelles sont en repli depuis le début de l’année, après un épisode de réformes massives à la fin de 2018.

C’est la conséquence directe de la sécheresse de 2018. Après la vague de décapitalisation au second semestre de l’an passé, notamment en raison de moindres disponibilités fourragères, l’offre française de vaches allaitantes et laitières chute depuis le début de 2019. En cumul de janvier à mars, les abattages d’allaitantes sont en recul de 4,2 % en têtes et 5,1 % en tonnes-équivalent carcasse (tec). S’agissant des laitières, ils se replient de 1,7 % en têtes, et de 2,1 % en tec sur la même période.

Cette tendance devrait se poursuivre dans les prochains mois. D’une part, en raison des effectifs de vaches en berne. D’après l’Institut de l’élevage (Idele), au 1er mars, le nombre d’allaitantes en France est en retrait de 1,7 % sur un an, soit 69 000 têtes de moins. Quant aux laitières, leur effectif à cette date diminue de 0,8 % sur un an, soit 34 000 têtes. Le nombre de génisses de 24 à 36 mois est également en net recul sur un an en mars : –2,6 % pour les races à viande et –3,5 % pour les races laitières.

Remontée poussive des cours

Dans ce contexte de disponibilités limitées, la progression des cotations reste mesurée. Selon l’Idele, sur les quatre semaines de mars, les prix des vaches R et U, les mieux conformées, n’ont progressé que de deux centimes pour atteindre respectivement 3,83 €/kg de carcasse (+ 4 % par rapport à 2018, égal à 2017) et 4,41 €/kg (+ 3 % par rapport à 2018, – 4 % par rapport à 2017).

Quant aux femelles P et O, leurs cotations n’ont progressé que de trois centimes sur la même période, pour atteindre fin mars respectivement 2,83 €/kg (– 2 % par rapport à 2018 et 2017) et 3,22 €/kg (égal à 2018 et 2017).

Ailleurs en Europe, les mêmes causes produisent les mêmes effets. En Irlande, après des abattages records en 2018, l’activité est en retrait depuis la mi-février, « bien qu’elle reste à un niveau élevé », tempère l’Idele. Les prix peinent également à progresser. Outre la poursuite des conversions d’élevages allaitants vers le lait, « les niveaux d’abattages élevés des mois précédents ont causé la création de stocks importants de viande congelée dans les abattoirs, qui pourraient aussi peser à terme ».

Aux Pays-Bas, le rythme des réformes revient à la normale, après « deux années exceptionnelles sur le plan des abattages, du fait de la mise en conformité avec la réglementation phosphate en 2017, et de sécheresse en 2018 ». En Allemagne, les abattages de vaches chutent de 14 % sur un an en mars. Quant aux cours polonais, ils « peinent à se relever du choc subi lors de la révélation de la fraude sanitaire à l’abattage ».

Vincent Guyot

En France, des échanges soutenus de viande bovine

En février 2019, les importations de viande bovine sont stables sur un an, à 28 500 téc. « Le net repli de l’origine allemande est compensé par la hausse des entrées en provenance de l’Irlande et des Pays-Bas », précise l’Agreste.

Concernant les exportations françaises, elles s’élèvent à près de 18 500 tec, en hausse de 2 % par rapport à 2018. « Les ventes reculent vers l’Italie, mais augmentent vers la Grèce ainsi que l’Allemagne. »

En conséquence, le déficit du commerce extérieur se réduit sensiblement à 10 000 tec en février 2019, contre 10 300 téc en 2018.

Quant à la consommation par bilan, « compte tenu du repli des abattages de 4,6 % sur un an, elle est en retrait de 4,5 % par rapport à 2018 ».

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Cet article est paru dans La France Agricole

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