Le virus H5N1 de la grippe aviaire détecté sur des volailles dans la région de Moscou est de souche asiatique, une forme potentiellement dangereuse pour l'homme mais les autorités russes estimaient lundi la situation maîtrisée, un avis partagé par l'OMS (Organisation mondiale de la santé).

«Cette information est correcte. Nous avons reçu les résultats le confirmant vers 06H00 (03H00 GMT) ce matin», a déclaré lundi le chef des Services vétérinaires russes, Nikolaï Vlassov, interrogé sur la présence de la souche asiatique.

«Depuis le début, nous avons pris des mesures sanitaires en partant du principe que c'était cette souche. La confirmation ne change donc rien», a-t-il ajouté.Il s'agit des premiers cas de H5N1 aussi proches de la capitale russe.

Dès l'annonce vendredi de la découverte de cas de grippe aviaire dans des fermes de la région de Moscou puis la confirmation samedi qu'il s'agissait du virus H5N1, les autorités, sans pouvoir encore dire alors si la souche asiatique était en cause, se sont voulues rassurantes.

«Des examens médicaux ont été pratiqués sur 5.453 habitants des foyers (de grippe) dont vingt personnes qui ont été en contact direct avec des oiseaux morts. Aucun malade ni cas humain suspect n'a été trouvé», a déclaré lundi le responsable de la Santé publique de Russie, le Dr Guennadi Onichtchenko, à l'agence Interfax.

L'OMS a indiqué de son côté lundi n'avoir reçu aucune information officielle de la Russie au sujet de cette apparition de la maladie aux abords de Moscou.

Son représentant à Moscou, Sergueï Eremine, a néanmoins repris à son compte l'expression de M. Onichtchenko selon laquelle «la situation est entièrement sous contrôle».

«Nous estimons à un haut niveau le degré de préparation de la Russie face à la situation actuelle, car le pays a déjà l'expérience de foyers de grippe aviaire depuis l'été 2005 dans la région de Krasnodar» (sud), a déclaré par téléphone le représentant de l'OMS.

«Il reste quelques problèmes en suspens mais ceux-ci sont liés principalement au manque de préparation face aux infections humaines (liées à la grippe aviaire), car il y a eu relativement peu de cas: moins de 300 à travers le monde», a expliqué M. Eremine.

Les volailles de deux fermes touchées par le virus près de Domodedovo (à 37 km au sud de Moscou) et à Zvenigorod (à 46 km à l'ouest de Moscou) ont été abattues et les deux fermes décontaminées.

Dans trois autres fermes déclarées suspectes ce week-end dans la région de Moscou, la maladie n'a toujours pas été confirmée, a indiqué lundi en fin d'après-midi le porte-parole des services vétérinaires, Alexeï Alexeenko.

Les autorités envisagent une vaccination accélérée des volailles dans les élevages industriels de la région de Moscou, a précisé M. Vlassov. Ces élevages industriels travaillent déjà en régime fermé depuis août 2005, ce qui limite tout risque d'infection, a assuré le responsable.