La France a décidé de renforcer les mesures de sécurité pour protéger ses élevages de volailles après la confirmation de la découverte du virus de la grippe aviaire H5N1 sur trois cygnes sauvages trouvés morts sur un étang dans l'est du pays.

Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a décidé de mettre en place «les mesures de prévention du risque correspondant au passage du niveau ''modéré'' au niveau ''élevé''», a annoncé le ministère. Ces mesures s'appliquent sur l'ensemble du territoire métropolitain, a-t-il précisé dans un communiqué.

Les détenteurs de volailles et d'oiseaux d'agrément doivent mettre en oeuvre les mesures de protection suivantes. Les volailles et les oiseaux doivent être protégés afin de prévenir tout contact direct ou indirect avec les oiseaux vivant à l'état sauvage ou faire l'objet de mesures alternatives avec une visite vétérinaire d'évaluation. Cette visite doit être renouvelée à une fréquence mensuelle dans les 98 zones humides à risque déterminées par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Les rassemblements de volailles et d'oiseaux et les compétitions de pigeons sont interdits.

Par ailleurs, les mesures prises dès le 3 juillet 2007 dans la zone concernée, avec la délimitation d'une zone de contrôle et d'une zone d'observation autour de l'étang, sont maintenues.

«Nous sommes extrêmement vigilants», a déclaré M. Barnier dans une interview à l'AFP TV.

Pour M. Barnier, la France va «entreprendre une protection, une prévention, une précaution sur l'ensemble du territoire, naturellement d'abord en Moselle, mais pas seulement en Moselle».

«Grâce à ces mesures, nous avons pu éviter (l'an dernier, ndlr) une contamination, une extension de cette crise. Je pense qu'avec les mêmes mesures de précaution et de prévention, nous obtiendrons les mêmes résultats», a indiqué M. Barnier.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a estimé, sur la chaîne de télévision LCI, que la France n'était «pas menacée par une pandémie de grippe aviaire, puisqu'il n'y a pas de contamination interhumaine, pour l'instant, avec le virus H5N1».

Le virus de la grippe aviaire H5N1 hautement pathogène est bien à l'origine du décès des trois cygnes trouvés morts sur un étang de la commune d'Assenoncourt (Moselle), a confirmé jeudi matin l'Agence française de santé sanitaire des aliments (Afssa).

Une zone de «contrôle» d'un kilomètre de rayon a été établie mercredi autour de cet étang avec une surveillance «renforcée» des oiseaux. Une deuxième zone dite «d'observation», de 15 km de rayon, a également été mise en place autour de l'étang.

Depuis la découverte des cygnes morts au milieu de la semaine dernière, aucune mort supplémentaire d'oiseaux n'a été enregistrée, «ce qui est a priori rassurant», avait estimé mardi un porte-parole de la préfecture.

La Confédération française de l'aviculture (CFA) a immédiatement annoncé que ses adhérents avaient pris toutes les mesures pour éviter une contamination aux élevages de volailles.

Les derniers cas avérés de grippe aviaire H5N1 sur des oiseaux sauvages en France remontent au printemps 2006.

Selon les données du ministère de l'Agriculture, 62 oiseaux morts avaient alors été révélés positifs au virus. Mais un seul élevage avait été contaminé en février 2006, provoquant la mort de plusieurs centaines de dindes à Versailleux (Ain).