Les agriculteurs grecs ont établi lundi une quinzaine de barrages routiers du centre au nord du pays, bloquant plusieurs postes-frontières, pour obtenir des aides, alors que le pays connaît une grave crise financière.

Les agriculteurs ont commencé dimanche à bloquer les routes dans la grande plaine de Thessalie, au centre du pays, et en Macédoine orientale, dans le nord du pays. Lundi, ils ont commencé à bloquer plusieurs postes-frontières avec la Turquie et la Bulgarie, notamment ceux de Kipi, dans le Nord-Est, et de Promahonas, au-dessus de Serres, dans le Nord, selon des sources policières.

Les agriculteurs, soutenus par des éleveurs de la région de Serres, ont jeté des centaines de litres de lait sur la chaussée, ainsi que du maïs et du blé, et brûlé par ailleurs du coton, a rapporté l'agence de presse nationale ANA.

Les revendications des agriculteurs sont multiples. Ils exigent notamment une aide financière immédiate pour les produits dont les prix se sont effondrés (céréales, coton, maïs, huile d'olive, lait, fruits).

Ils réclament également une diminution des prix des engrais, des produits phytosanitaires et des semences, ainsi qu'une ristourne sur le prix de l'électricité et du pétrole, et le gel pour trois ans de leurs dettes auprès de la banque agricole.

Dans le Péloponnèse (sud), les producteurs d'agrumes de Laconie et d'Argolide ont convenu de se mobiliser pour défendre le prix de leurs produits et ont menacé de se rendre en tracteur à Athènes.

Le secrétaire d'Etat aux Finances, Philippos Sachinidis, s'est rendue dimanche sur un barrage routier près de Lamia, en Thessalie, pour expliquer aux manifestants que le gouvernement socialiste, au pouvoir depuis octobre, avait déjà fourni en novembre et décembre une aide économique de 112 millions d'euros aux agriculteurs et qu'« il n'existe plus de marge pour d'autres primes ».

La Grèce connaît depuis deux mois une crise financière sans précédent en raison de l'explosion de sa dette et de son déficit public. Les comptes du pays ont été placés sous surveillance européenne.

Le porte-parole du gouvernement, Georges Pétalotis, a invité les agriculteurs en colère à lever les barrages routiers et à discuter avec les pouvoirs publics.

La ministre du Développement agricole et de l'Alimentation, Katerina Batzélis, a invité les syndicalistes agricoles à une table ronde les 25 et 26 janvier pour discuter de l'ensemble des problèmes du secteur.

Les agriculteurs grecs s'étaient déjà mobilisés l'année dernière, à la même époque et pour des raisons analogues, pendant plus de deux semaines, bloquant notamment le poste-frontière gréco-bulgare de Promahonas.