Lors de sa venue jeudi au Sommet du végétal à Dijon, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, a pris trois engagements devant les producteurs de grandes cultures très remontés vis-à-vis de certaines promesses non tenues du ministre.

Le premier engagement concerne la Pac. Bruno Le Maire entend se battre pour une Pac forte. Il estime notamment que les propositions de la Commission européenne en matière de convergence nationale « vont trop vite et trop fort ». « Nous devons donc poursuivre notre travail de négociation pour que cette convergence soit mise en oeuvre progressivement en tenant compte des différents modèles économiques de nos exploitations », a déclaré Bruno Le Maire.

Concernant le verdissement des aides, le ministre de l'Agriculture a convenu que 30 % de l'enveloppe Pac « dans le contexte économique et budgétaire actuel, c'est trop », tout comme l'objectif de 7 % de surface d'intérêt écologique. Il partage ainsi l'opinion de Philippe Pinta, président d'Orama, qui s'est exprimé juste avant sur ce sujet. Bruno Le Maire souhaite aussi que Bruxelles revoie sa copie sur la rotation des cultures.

Comme deuxième engagement, le ministre souhaite aider les producteurs à « poursuivre l'effort de recherche ». Et de se féliciter du vote de la loi sur les semences malgré la forte hostilité encore présente de certains opposants à ce texte.

Mais concernant les OGM, Bruno Le Maire n'a, semble-t-il, pas convaincu les congressistes qui l'ont interpellé plusieurs fois assez vivement sur ce sujet. Il a toutefois défendu « la coexistence à 0,9 % parce que c'est la seule voie qui me paraît raisonnable ». Le ministre regrette que les avis des scientifiques soient systématiquement contestés. Mais il s'est bien gardé d'évoquer le point sensible de la clause de sauvegarde sur le Mon 810 que le gouvernement souhaite prendre d'ici peu.

Troisième engagement pris par Bruno Le Maire : « défendre les agriculteurs contre le dogmatisme environnemental ». « Je ne veux pas non plus d'écologie punitive », a-t-il lancé, répondant à Xavier Beulin, président de la FNSEA, qui est intervenu à ce Sommet du végétal.

Le ministre a reconnu que « sur l'assouplissement des règles environnementales, le compte n'y est pas ». Il s'est ainsi engagé à « réunir dans les prochaines semaines l'ensemble des services déconcentrés pour comprendre pourquoi les orientations du gouvernement ne sont pas respectées et pourquoi il existe encore des tracasseries administratives chez certains agriculteurs ».

I.E.