Face aux exigences nouvelles des consommateurs et pour affronter l’arrivée de compétiteurs sur internet, les distributeurs revoient leur business model. De nouvelles stratégies se dessinent autour de la revalorisation et de la segmentation de l’offre alimentaire. Les Centres E. Leclerc ne font pas exception. À l’occasion d’un entretien accordé à La France Agricole (à paraître demain sur notre site internet et vendredi dans l’hebdomadaire), Michel-Édouard Leclerc a présenté les nouvelles lignes stratégiques de son enseigne. Extraits.

Cap sur les MDD

Le groupement entame un travail de revalorisation de ses chartes d’achat, de qualité, de production et environnementale. L’approvisionnement de ses MDD sera relocalisé et « autant que faire se peut » en circuits courts. « Passer par des multinationales nous a coupés des producteurs », reconnaît-il.

Finie la stratégie des marques de premier prix. Les efforts porteront désormais sur une relance des marques « Nos régions ont du talent », « Biovillage » et des déclinaisons régionales de « Marque Repère ».

Restructuration du groupe

Une « direction des PME » est créée au sein du groupe. Objectif : adapter les méthodes aux fournisseurs pour ne plus traiter les petites et moyennes entreprises comme les multinationales.

Une « direction du marketing et de la qualité » voit aussi le jour, « à pouvoir égal de la direction des achats ». Objectif : construire une offre nationale guidée par la charte qualité.

Travail sur les filières

« Une structure affectée aux filières de meilleure qualité, en fruits et légumes et en bio, pour commencer », est lancée. Objectif : « avoir une organisation réservée auprès des producteurs pour accompagner les exploitations par des contrats pluriannuels ».

Faut-il voir dans ces nouvelles orientations un effet des récents États-généraux de l’alimentation ? Plutôt une illustration des nouvelles tendances de consommation et de la nécessité de revoir le modèle des super- et hypermarchés. Mais tout de même : « Ils ont joué un rôle d’accélérateur et nous ont permis, malgré les polémiques, de nouer des contrats efficaces, d’entreprise à entreprise, pour accompagner cette montée en gamme et resserrer les liens avec nos producteurs », assure Michel-Édouard Leclerc.

Entretien détaillé à suivre… demain.

Alain Cardinaux