« Ici la terre », c’est le nom de cette ligne dont le numéro vert permettra aux curieux d’échanger directement avec un producteur. Il leur suffira pour cela de composer le 0805 832 832, du mardi au samedi, entre midi et 18 heures. Au bout du fil : un agriculteur passionné prêt à répondre à toutes les questions.

La ligne a été mise en place à l’initiative de Jérôme Regnault, exploitant en grandes cultures, de son collègue Olivier Coupery, également exploitant en céréales, et de Fanny Boschung, éleveuse de vaches laitières. Si le lancement officiel, prévu pour le 19 septembre prochain, ces exploitants créatifs ont déjà lancé un teasing sur les réseaux sociaux :

Et si on se lançait ?

C’est Fanny, aguerrie en matière de communication, qui a eu l’idée de ce numéro de téléphone au printemps 2019. « On s’est aperçus que lorsqu’on parle d’agriculture au niveau national, les gens sont très durs. Mais lors des journées portes ouvertes et des visites, quand on les rencontre directement, ils ont une très bonne image de nous », raconte Jérôme.

En mettant en contact le grand public et les producteurs, la ligne téléphonique espère donc créer, virtuellement au moins, des liens plus directs. Grâce à leurs réseaux, les trois initiateurs du projet ont rassemblé près de 130 agriculteurs dans le Bassin parisien, dont 105 seront mobilisés au lancement. Fruits, lait, viande ou céréales : tous les secteurs sont représentés, et la mise en relation se fait aléatoirement.

La ligne, tenue par un prestataire, a pu voir le jour grâce aux 4 000 euros collectés sur une cagnotte Leetchi. Une somme qui permettra, selon Jérôme, « de tenir au moins le premier trimestre ». Et après ? « Après on verra en fonction de la fréquence des appels et du nombre d’agriculteurs volontaires », rassure Jérôme.

Jérôme, céréalier dans les Yvelines, j’écoute ?

Les exploitants volontaires ont reçu quelques conseils. « Ils doivent simplement donner leur prénom, leur département, leur activité. Mais il ne faut surtout pas divulguer son numéro de portable. C’est l’avantage du numéro vert : tout passe par là. » Autre recommandation : garder le contrôle de la discussion. En limitant le temps de l’échange, et en raccrochant dès que l’interlocuteur devient vulgaire ou agressif.

Au-delà de ces quelques directives, les agriculteurs sont libres. « On n’est pas là pour donner une ligne politique. Nous ne sommes pas un syndicat. Notre but, c’est uniquement d’apporter une réponse sociétale », rappelle Jérôme.

À l’heure des réseaux sociaux, la ligne téléphonique pourrait sembler désuète. « C’est complémentaire. On a déjà des agriculteurs sur YouTube ou Twitter, qui communiquent très bien, mais ça ne remplace pas un échange direct », estime Jérôme.

Ivan Logvenoff