Coop de France métiers du grain s'inquiète de la décision de Réseau ferré de France (RFF) de fermer des lignes ferroviaires à faible trafic, dites voies capillaires, qui assurent la liaison entre les sites de chargement isolés en zones rurales et les lignes principales. Ces lignes drainent 30 à 50 % des tonnages frets annuels pour les produits agricoles.

« Le manque d'entretien du réseau date d'il y a 40 ans, ce n'est pas un problème nouveau », a expliqué Christian Pees, président de Coop de France métiers du grain, le 3 juillet à Paris en conférence de presse. Ce sous-investissement a été aggravé par le désengagement financier de l'Etat au cours de ces dernières années. RFF programme aujourd'hui un nombre croissant de fermetures de lignes. Depuis 2014, plus aucun budget n'est prévu pour l'entretien de ces voies. « Pourtant, un devis de remise en état des voies atteint 300.000 € après mise à la concurrence, quand initialement il est prévu à 6 millions d'euros ! », s'exclame le président. Selon des chiffres non confirmés par RFF, 1.800 km de lignes capillaires pourraient être fermés.

« Les coopératives ont investi massivement pour utiliser le transport ferroviaire ; le seul embranchement sur le réseau et les infrastructures de chargement demandent un investissement de 1,5 à 3 millions d'euros », précise un communiqué de presse du 3 juillet. A cela s'ajoutent les capacités de stockage, de réception, de séchage qui ont été conçues en fonction d'une expédition des grains par voie ferrée. Les coopératives seront donc fortement impactées économiquement par cette décision.

De plus, Coop de France métiers du grain juge cette décision incohérente avec les intentions du gouvernement de favoriser le transport fluvial et ferroviaire à travers l'écotaxe, rebaptisé péage de transit pour les poids-lourds. Un train non chargé équivaudrait à 50 camions en plus sur les routes. D'après un sondage réalisé par Coop de France auprès de 7 groupes coopératifs, « 42 % du tonnage est transporté par 1.600 trains empruntant les voies capillaires, soit l'équivalent de 82.000 camions : une file continue de Amsterdam à Barcelone ! », conclut Vincent Magdelaine, directeur de Coop de France métiers du grain.  

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Claire Faure