« Nous voulons que les épandages d’herbicide total soient interdits sur les parcelles en fleur », lance Camille Hoornaert, apicultrice près de Berlin. Car le glyphosate, cette année, a fait perdre à la jeune femme et à son compagnon, apiculteurs professionnels, une grande partie de leur récolte.

Pour manifester leur colère, et réclamer des changements de législation, les producteurs ont donc manifesté vendredi dernier, en tenue d’apiculteur, devant le ministère allemand de l’Agriculture à Berlin. Sur les tables, ils ont aligné des pots de miel barrés d’une tête de mort. En dessous, une banderole : « Attention, déchet toxique. Miel Contaminé. »

10 000 € perdus

« Le taux de glyphosate dans notre miel est 160 fois plus élevé que le seuil autorisé. Nous allons tout simplement devoir emporter cette récolte à la décharge », déplore Camille. Ce seront ainsi, d’après elle, près de 10 000 € de dommages entre le miel qui partira à la poubelle, les ruches à renouveler et le transport à la déchetterie. Toute la production de printemps est concernée, soit une trentaine de ruches installées en 2018 au bord d’une parcelle de luzerne.

Ce champ appartient à une grande ferme accueillant plusieurs milliers de vaches laitières. Et avant les semis de maïs cette année, les exploitants, au lieu de faucher la légumineuse, ont désherbé au glyphosate. « Le problème, c’est qu’ils ont fait ça en pleine floraison du pissenlit », regrette Camille. Et les abeilles, très actives au début du printemps, ont donc emporté l’herbicide dans les ruches, et dans le miel.

Comme leurs collègues français, les apiculteurs ont décidé d’entamer des actions en justice. « Nous allons porter plainte, d’abord contre l’agriculteur puis contre les instances publiques. Ce que nous voulons surtout, c’est rendre cette affaire publique, pour que la loi change. »

Ivan Logvenoff