Le vendredi 18 septembre 2020 en début de matinée, sur la commune de Senonges (Vosges), une dizaine de cadavres de sangliers ont été retrouvés gisant dans un champ. Selon des témoins, un 4 x 4 et un tracteur s’en sont pris à eux la veille au soir. Le constat établi par le lieutenant de louveterie, l’inspecteur de l’Office français de la biodiversité et l’agent de développement de la Fédération départementale des chasseurs des Vosges venus sur les lieux corrobore ces dires.

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Des chasseurs en colère

Interrogé par La France Agricole, Philippe Lavit, le directeur de la fédération départementale, ne décolère pas. « On a mis en place beaucoup de mesures pour réguler les sangliers comme la distribution gratuite de bracelets supplémentaires de prélèvement, l’obtention d’une ouverture anticipée pour le sanglier ou encore un arrêté d’autorisation de destruction permanente pour les lieutenants de louveterie. Ce n’est pas pour que certains règlent les problèmes dans l’illégalité et le mépris des animaux, » explique-t-il en détaillant le caractère choquant de l’état des sangliers après avoir été écrasé.

« Plus on indemnise les dégâts, plus on est mis sous pression », explique-t-il en rappelant que les agriculteurs ont abandonné le droit d’affût dans les années 1970 contre une indemnisation des dégâts par les chasseurs (2 millions d’euros l’année dernière). « D’un côté, on nous demande d’augmenter les prélèvements, et de l’autre, on nous demande de chasser moins. On est sous pression des deux côtés. »

Ce n’est pas la première fois que de tels actes se produisent. Pour Philippe Lavit, environ 5 situations semblables ont déjà été recensées ces dernières années. Les autres fois, cela avait été moins médiatisé. Mais maintenant son directeur, par ailleurs YouTuber (100 000 abonnés), a choisi de montrer des images chocs.

Ce genre d’actes ne se limiterait pas aux Vosges. Dans la Meuse, département voisin, une association nommée Les Robins des champs s’était donné comme mission de réguler la population de sangliers. Si la fédération des chasseurs des Vosges annonce qu’elle va porter plainte, elle souhaite cependant ne stigmatiser aucun acteur rural.

Renaud d’Hardivilliers