Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a tenté de calmer la grogne en expliquant que la nouvelle carte allait faire passer le nombre de bénéficiaires de 55 000 à plus de 60 000. Il n’a pas convaincu Jérémy Decerle, le président de JA, interviewé par Radio Classique ce 20 février.

« 4 000 à 10 000 € » en moins par an

« Il y a des agriculteurs qui vont rentrer dans cette carte et qui ne pourront même pas prétendre aux accompagnements financiers qui sont d’habitude liés à ce zonage, parce qu’économiquement ils ne pourront pas prétendre à ça, indique Jérémy Decerle. C’est là où on trouve encore une incohérence. »

« C’était des zonages basés antérieurement sur des critères socio-économiques, et aujourd’hui on a remis ces zones sur des critères pédoclimatiques », rappelle-t-il, en déplorant le sort des exploitants qui bénéficiaient d’aides avec l’ancienne carte, mais plus dans la nouvelle.

« À des agriculteurs qui ne sont déjà pas bien financièrement, on leur explique qu’ils vont encore perdre entre 4 000 à 10 000 € annuels », détaille-t-il, estimant qu’« on ne peut pas se permettre d’être satisfait ».

Un geste d’Emmanuel Macron ?

La nouvelle carte, qui doit bientôt être remise par le ministère de l’Agriculture au président de la République, après validation par la Commission européenne, est appelée à remplacer au 1er janvier 2019 la carte actuelle, qui date de 1976.

Alors que les actions de protestation contre la refonte de la carte des zones défavorisées se sont multipliées ces derniers jours en France, Jérémy Decerle espère un « message d’espoir avec un certain nombre de mesures concrètes » lors de la réception à l’Élysée jeudi de jeunes agriculteurs.

AFP