Les députés européens ont approuvé, le 9 juin 2021, à une large majorité une résolution réclamant à l’Union européenne (UE) des objectifs contraignants à l’horizon de 2030 pour préserver la biodiversité du continent, notamment en protégeant 30 % des zones terrestres et maritimes.

Déplorant que l’Union européenne n’ait pas atteint ses objectifs en la matière pour 2020, le Parlement européen demande des mesures précises sur les principaux facteurs de changements : utilisation des terres, écologie en ville, pollution, espèces exotiques envahissantes…

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Une large majorité

Dans leur résolution, adoptée par 515 voix (90 voix contre et 86 abstentions), les eurodéputés estiment qu’il faut mobiliser au moins 20 milliards d’euros par an pour les actions en faveur de la biodiversité.

Principale exigence : à l’unisson de la Commission européenne, les parlementaires veulent qu’« au moins 30 % » des zones terrestres et maritimes soient protégées d’ici à 2030, et qu’au moins un tiers de ces zones, dont les rares forêts primaires encore présentes, soient « encore plus strictement » protégées.

Interdire le glyphosate en 2022

En outre, pour les espèces et habitats qui ne sont pas actuellement dans un état de conservation « favorable », au moins un tiers devraient « atteindre cet objectif ou être sur la bonne voie » d’ici à 2030, insistent-ils.

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Les eurodéputés exigent une interdiction stricte de l’utilisation des herbicides à base de glyphosate après décembre 2022. La résolution réclame aussi une révision « rapide » de l’initiative européenne visant à protéger les abeilles et des « objectifs clairs pour arrêter le déclin de la population de pollinisateurs », qui pâtissent notamment des néonicotinoïdes.

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Enfin, le Parlement propose un programme d’« écologisation urbaine », avec notamment l’instauration d’un pourcentage minimal de toitures végétalisées sur les nouveaux immeubles.

Établir un cadre jusqu’en 2050

À quelques mois d’une ambitieuse conférence des Nations unies à Kunming (Chine), « nous demandons une législation de l’Union européenne en matière de biodiversité similaire à la loi climatique, qui établirait un cadre jusqu’en 2050 », souligne le rapporteur du texte, l’élu espagnol César Luena (sociaux-démocrates).

« Bien que non contraignante, cette résolution envoie un signal important à la Commission et aux États membres pour éviter les pires conséquences de la perte de biodiversité. […] Il faut une obligation juridique pour tous les États, les mécanismes volontaires ne fonctionnent pas », a réagi l’ONG WWF.

« Mais tout cela devra être réalisé avec […] nos agriculteurs, pêcheurs, exploitants de forêts et les filières qui en découlent. Ils doivent être soutenus, accompagnés et indemnisés si leur activité est impactée. C’est une condition sine qua non », a prévenu l’eurodéputée Agnès Evren (PPE, droite).

Avec l’AFP